(Paris) Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a jugé jeudi « maladroite » la manière dont le ministre de l’Économie Bruno Le Maire est intervenu très en amont dans le projet avorté de rapprochement entre Carrefour et Couche-Tard.

Publié le 11 févr. 2021
Agence France-Presse

Le ministre de l’Économie « est dans son rôle de discuter du projet », qui concerne le premier employeur privé de France. « Là où je trouve que la forme est assez maladroite, c’est que le projet n’a pas été présenté, et il dit “non” », a regretté le président du Medef sur France Inter.

« Dire, avant même d’avoir reçu le propriétaire de Couche-Tard, M. Bouchard, “je ne veux pas de ce projet”, c’est pas donner sa chance à l’opération », a ajouté M. Roux de Bézieux.

Face au véto du gouvernement français, les deux groupes ont renoncé à leur rapprochement mais étudient désormais des « partenariats opérationnels ».

Geoffroy Roux de Bézieux a aussi pointé « une forme de déséquilibre » dans la position du gouvernement français, qui « bloque » une opération de rapprochement entre deux spécialistes de la distribution physique menacés par la concurrence des géants du cybercommerce.

« Carrefour, comme la distribution en général […] a un problème, un problème qui s’appelle Amazon, le cybercommerce. Et comme vous le savez, ils ne sont pas totalement à égalité de concurrence en termes d’impôt », a pointé le dirigeant du Medef.

« Donc si on bloque cette opération, alors à ce moment-là il faut un plan commerce. Il faut rendre le commerce, et pas seulement Carrefour, compétitif, pour survivre face à ces géants », a-t-il plaidé.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a lui aussi estimé que la proposition de Couche-Tard aurait dû être débattue.

« Je n’étais pas fan de l’offre qui était faite, mais il n’y a pas eu de débat, l’État y a mis fin, je trouve ça étonnant », a-t-il estimé sur LCI.

Un tel dossier « mérite quand même qu’on le regarde et qu’on ne le traite pas simplement à quelques-uns, sans se demander ce que les salariés en pensent », a fait valoir le dirigeant du premier syndicat français.