Le gouvernement fédéral annoncera ce mercredi un investissement de 2,2 millions dans le Centre national intégré du manufacturier intelligent (CNIMI), qui vise à aider les entreprises manufacturières québécoises à devenir plus « intelligentes » et ainsi augmenter leur productivité et leur compétitivité à l’international. Le centre doit ouvrir ses portes à Drummondville en 2022.

Antoine Trussart
Antoine Trussart La Presse

« Le [CNIMI] vient faire office de vitrine technologique. Les PME qui pensent à investir en manufacturier intelligent pourront voir à quoi ça ressemble, une usine intelligente », explique Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ).

D’abord annoncé en 2019, le CNIMI est le résultat d’une collaboration entre le campus de Drummondville de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et le cégep de Drummondville. En octobre dernier, le gouvernement du Québec a annoncé une subvention de 19 millions de dollars pour sa réalisation.

« Drummondville est vraiment une plaque tournante du manufacturier au Québec, et ce nouveau centre va servir à inspirer les entrepreneurs à voir de quoi a l’air l’usine du futur », lance Mélanie Joly, ministre fédérale du Développement économique.

Usine 4.0

Un des programmes du CNIMI est la mise en place d’une usine intelligente modèle dont pourront s’inspirer les entreprises manufacturières pour réaliser leur transformation vers le manufacturier 4.0, aussi appelé manufacturier intelligent.

Une usine 4.0 est une usine connectée. Chaque élément de la chaîne de production doit communiquer avec tous les autres éléments et être capable de s’adapter à différentes situations. Il s’agit d’un grand saut technologique à réaliser pour bien des entreprises manufacturières québécoises.

La majorité des PME, on n’est pas rendu là. Le secteur manufacturier au Canada et au Québec a beaucoup de retard. Le Canada arrive avant-dernier en investissements en manufacturier intelligent parmi les pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], juste devant l’Italie.

Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers et exportateurs du Québec

Adopter ces pratiques permettrait à nos PME de « jouer dans la cour des grands », selon Mélanie Joly.

Le CNIMI servira aussi de centre de formation pour des employés spécialisés capables d’opérer ces chaînes de production intelligentes.

« La formation, c’est un élément essentiel au succès de la transformation de ces entreprises, explique Mme Proulx. Quand on parle de transformation numérique, on n’a pas toujours les compétences à l’interne. Ça peut devenir un frein à l’investissement si un entrepreneur ne sait pas s’il a les compétences pour réaliser son projet. »

13 millions pour le manufacturier québécois

Cette semaine, le gouvernement fédéral fait des annonces totalisant un peu plus de 13 millions de dollars en prêts sans intérêt afin d’aider les entreprises manufacturières québécoises à opérer une transition vers le manufacturier intelligent.

« Ce qu’on veut faire, c’est aider le secteur à être compétitif au niveau mondial, explique Mélanie Joly. Pour ce faire, on a besoin d’aider les entreprises à continuer à prendre des risques pour se transformer et améliorer leurs usines. »

Les 23 entreprises manufacturières aidées cette semaine sont situées dans 12 régions de la province.

« Une aide financière comme celle-là, ça donne le coup de pouce pour aller de l’avant, commente Véronique Proulx. Il y a des entreprises qui avaient des projets sur la table qui les ont mis de côté. Une aide financière comme celle-là permet d’augmenter la productivité et la compétitivité et être prêts pour la relance. »