(San Francisco) L’association Libra, qui pilote le projet de monnaie numérique initié par Facebook, s’est trouvé un directeur général en la personne de l’Américain Stuart Levey, spécialiste de la lutte contre le financement du terrorisme et actuel directeur juridique du groupe bancaire HSBC, annonce un communiqué de l’association publié jeudi.

Julie JAMMOT
Agence France-Presse

Stuart Levey, qui aura 57 ans en juin, prendra son poste cet été après avoir quitté HSBC où il dirige le service juridique avec plus de 900 avocats, précise le communiqué.

Mais au-delà du profil secteur privé dans un des plus grands groupes bancaires du monde, M. Levey apporte une expérience précieuse de la lutte contre le financement du terrorisme le blanchiment et la protection du système financier international.  

Il a été le premier sous-secrétaire au Trésor américain responsable du terrorisme et du renseignement financiers sous l’administration de George W. Bush et ensuite de Barack Obama.  

M. Levey sera basé à Washington, où il a aussi travaillé au ministère de la Justice.

Sur le papier, ce profil est idéal pour rassurer les nombreux régulateurs dans le monde qui se sont inquiétés de ce projet. Ils craignent qu’il favorise les activités illégales en facilitant leur financement discret, ou remette en cause la souveraineté monétaire de leur pays respectif.  

L’organisation basée à Genève a soumis mi-avril sa candidature auprès du régulateur suisse pour obtenir une licence en tant que « système de paiement », en vue d’un lancement de la blockchain d’ici la fin de l’année.

Depuis que Facebook a exposé son projet en juin dernier, il a subi de nombreux coups durs de part et d’autre de l’Atlantique.

Des ministres des Finances ont menacé d’interdire la Libra.

Des partenaires de poids, comme PayPal, Visa et MasterCard, se sont désistés sous la pression des autorités.

Après des mois de discussions, l’association indépendante, composée d’entreprises et organisations à but non lucratif, a donc présenté le mois dernier une copie, revue et corrigée, qui prévoit que la Libra devient une « monnaie à devises multiples » qui englobera des Libra à « devise unique », comme la LibraEUR, utilisée en zone euro, la LibraUSD, pour le dollar américain, etc.

L’association table sur un lancement officiel d’ici fin 2020, même si le nombre initial de « stablecoins » (les cryptomonnaies indexées à des devises) et leur calendrier de mise en service restent à déterminer.

À l’origine, Facebook avait imaginé un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels, permettant d’acheter des biens ou d’envoyer de l’argent aussi facilement qu’un message instantané.