Dites merci aux fintechs. Grâce à ces nouveaux acteurs virtuels que sont les entreprises de technologie financière, un vent de fraîcheur souffle sur les bons vieux comptes bancaires.

Stéphanie Grammond Stéphanie Grammond
La Presse

En avez-vous marre de payer des frais bancaires épicés ? Êtes-vous tannés de recevoir des intérêts faméliques sur l’argent qui dort dans votre compte ? Avez-vous l’impression de ne pas trouver votre compte auprès des banques traditionnelles ?

Alors, faites le saut sur l’internet ! De nouveaux concurrents viennent de lancer des comptes hybrides mariant les avantages du compte chèques et ceux du compte d’épargne ou encore des comptes à intérêts élevés qui versent jusqu’à 3,3 % de rendement.

Finie l’inertie ! Il est temps de magasiner un peu. Et d’économiser gros…

Les frais bancaires coûtent plus cher qu’on se l’imagine, à cause des petits frais à la carte qui s’ajoutent subtilement au forfait de base. Alors que les épargnants pensent qu’ils paient 12 $ par mois, l’examen de leurs relevés permet d’établir qu’ils paient plutôt autour de 18 $ par mois, selon une enquête menée par Option consommateurs en 2018.

Pensez-y, en migrant vers un compte bancaire sans frais, vous pourriez économiser plus de 1000 $ sur cinq ans. Ça se prend bien.

PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE

« En migrant vers un compte bancaire sans frais, vous pourriez économiser plus de 1000 $ sur cinq ans », écrit notre chroniqueuse.

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Quelles sont donc ces nouveautés si alléchantes ?

Le 21 janvier, le robot conseiller Wealthsimple a lancé un compte de banque hybride qui offre un taux d’intérêt très concurrentiel de 2,4 %.

Avec Wealthsimple Comptant, les clients profitent du côté pratique d’un compte chèques qui leur permet de faire leurs transactions et achats quotidiens, tout en recevant un taux d’intérêt avantageux sur les épargnes qui s’accumulent dans leur compte.

« Nous savons que de nombreux Canadiens gardent beaucoup d’argent dans leur compte chèques. Comme les taux d’intérêt sont très bas, ils perdent de l’argent en considérant l’inflation », déplore Victoria Shinkaruk, gestionnaire principale des services bancaires et d’investissements pour le comparateur de produits financiers Ratehub.ca.

Un compte hybride leur offre le meilleur des deux mondes.

Le plus beau de l’affaire, c’est que le nouveau compte Wealthsimple Comptant ne coûte rien : pas de frais mensuels, pas de solde minimal, pas de frais sur les transactions en devises étrangères. Les clients peuvent faire un nombre illimité de virements électroniques et de paiements de factures tout à fait gratuitement.

À l’aide de la carte Visa prépayée qui est assortie au compte, les clients peuvent aussi retirer de l’argent de guichets automatiques partout au Canada. Les frais imposés leur seront remboursés.

Mais si tout est gratuit, comment l’entreprise fait-elle de l’argent ? « Lorsque vous utilisez votre carte, pour acheter votre café du matin, par exemple, nous obtenons une part des frais d’interchange remis entre nos fournisseurs de service et les gestionnaires du programme », explique Wealthsimple.

Si l’idée de confier votre argent à une jeune pousse de Toronto vous effraie, sachez que l’entreprise, qui compte un million de clients, est épaulée par Power Corporation et que les dépôts sont protégés jusqu’à 1 million de dollars par le Fonds canadien de protection des épargnants.

D’autres institutions financières offrent aussi des comptes hybrides.

Après l’annonce du lancement de Wealthsimple, EQ Bank a d’ailleurs relevé à 2,45 % le taux de son compte hybride, qui n’est malheureusement pas offert au Québec.

Les Québécois peuvent se rabattre sur le compte Avantage de Manuvie. Mais il faut conserver un solde de 1000 $ pour effacer les frais. Et de toute façon, son taux d’intérêt est plus faible (1,5 %) que celui de Wealthsimple.

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Mais si vous cherchez le meilleur taux d’intérêt, il faut vous tourner vers la filiale virtuelle de la Banque Laurentienne.

En novembre dernier, BLC Numérique a lancé un compte d’épargne à intérêt élevé qui bat ses concurrents à plates coutures, avec un taux de 3,3 %. Le compte n'est pas encore offert à la clientèle québécoise, mais devrait l'être au cours des prochains mois.

Un tel taux est particulièrement élevé quand on sait que les obligations du gouvernement fédéral de 5 ans versent à peine 1,4 % et que le meilleur taux que vous trouverez pour un certificat de placement garanti de 5 ans est autour de 2,7 %. Non seulement le taux de BLC Numérique est plus élevé, mais vous avez aussi accès à votre argent à tout moment.

Notez qu’il ne s’agit pas d’un taux promotionnel pour une période limitée, comme chez Tangerine, qui accorde un taux de 2,75 % à ses nouveaux membres pour les 150 premiers jours (1,05 % ensuite), ou encore à la Banque Royale, qui fait miroiter 2,5 %, mais seulement pour 90 jours (1 % ensuite).

Mais je ne me fais pas d’illusions. Le taux de BLC Numérique ne sera pas éternel. Il risque de fondre lorsque l’entreprise aura fait sa marque. Mais en attendant, pourquoi ne pas en profiter ?

Dans une version antérieure de cette chronique, une imprécision pouvait laisser croire que le nouveau compte d'épargne à intérêts élevés de BLC Numérique de la Banque Laurentienne était déjà offert au Québec. Ce n'est pas encore le cas. Nos excuses.