Pour la relance de Montréal, frappé par la pandémie, le président de l’un des principaux promoteurs immobiliers propose de donner la priorité à la mise en valeur des terrains du bassin Peel, qu’il détient en bonne partie.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres grands projets qui profiteraient de la mise sur pied d’une table de concertation entre la Ville, les gouvernements supérieurs et le secteur privé, table que le promoteur Devimco et d’autres promoteurs appellent de tous leurs vœux.

« Si rien ne change, le début des travaux au bassin Peel ne se fera pas avant 2023 », a dit son président Serge Goulet dans une conférence de presse virtuelle tenue lundi matin. « Dans un contexte d’économie normale, ce délai pourrait se comprendre. Dans le contexte d’une crise sanitaire comme on n’en a pas eu depuis 100 ans, je calcule qu’on n’est pas dans l’efficacité. On se prive de la force et des effets d’un grand projet. »

PHOTO FOURNIE PAR DEVIMCO

Le projet mixte de 4000 logements et de 800 000 pieds carrés de locaux destinés à l’innovation et aux technologies propres prévu dans le secteur du bassin Peel

D’une superficie d’environ 5 millions de pieds carrés et d’une valeur de 2,5 milliards de dollars, le projet de Devimco, qui contrôle environ la moitié des terrains en ce moment, prévoit un pôle d’emploi et d’innovation dans le domaine des technologies propres en partenariat avec iCycle, un OBNL fondé par Cycle Capital Management. Des locaux de 800 000 pieds carrés sont prévus à cette fin. M. Goulet compte aussi consacrer 200 000 pieds carrés aux équipements communautaires, comme une école. Le projet prévoit en outre 4000 logements, dont 1000 logements familiaux.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Serge Goulet, président de Devimco

On a un exemple de projet qui pourrait participer à la relance et qui attend aux portes de la Ville.

Serge Goulet, président de Devimco

Serge Goulet a réitéré lundi son offre de payer une partie des coûts de construction d’une éventuelle gare du Réseau express métropolitain qui desservirait ses terrains et le quartier du bassin Peel, par ailleurs enclavé. Son offre n’a pas été retenue jusqu’à présent par la Ville de Montréal, a-t-il indiqué.

Le secteur Bridge-Wellington a fait l’objet d’une consultation publique lors de laquelle des groupes communautaires ont demandé que les terrains, dont la moitié appartient à des corps publics comme la Société immobilière du Canada, servent à la construction de logements abordables et familiaux de basse densité. Le secteur est aussi convoité par le groupe de Stephen Bronfman pour la construction d’un stade de baseball.

Des logements et des parcs contre des allégements réglementaires

M. Goulet a cosigné la semaine dernière une lettre avec 13 autres personnes de l’industrie immobilière appelant la création d’une table de concertation avec la Ville. Il participera mercredi à un panel dans le cadre de l’initiative Relançons MTL, pilotée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il entend mettre de l’avant ce qu’il appelle un « new deal » entre les promoteurs et la Ville. Cette entente consisterait, de la part des promoteurs, à offrir plus de logements familiaux, plus d’espaces verts et plus d’équipements collectifs dans les grands projets en échange d’un boni de densité et d’allégements réglementaires.

Depuis 2005, Devimco Immobilier compte de multiples réalisations et chantiers : District Griffin, dans Griffintown, SOLAR Uniquartier, à Brossard, Square Children’s, avenue Atwater, MAA Condominiums et Penthouses, au centre-ville, Maestria Condominiums, au cœur du Quartier des spectacles. En 2020, Devimco a lancé Auguste & Louis condominiums, la première phase du Quartier des lumières situé sur le site de l’ancienne maison de Radio-Canada.