Les entreprises d’exploration minière ont connu en 2020 leur meilleure année depuis longtemps, malgré la pandémie qui les a forcées à cesser toute activité sur le terrain pendant plus de deux mois au printemps.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« C’est vraiment surprenant, dit Valérie Fillion, directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ). On ne savait pas à quoi s’attendre au printemps, mais finalement, on pense qu’on va avoir une très bonne année. »

Une bonne année, pour le secteur de l’exploration, c’est 500 millions en financement, précise Valérie Fillion. En 2020, ce devrait être davantage, selon elle, soit entre 600 et 800 millions.

Comme la plus grande part de ces financements est consacrée à la recherche d’or et d’autres métaux précieux, le fait que le prix de l’or ait battu des records cette année est peut-être un élément d’explication, estime la porte-parole.

« On s’interroge encore, c’est peut-être les investisseurs dans les cryptomonnaies et le cannabis qui reviennent vers le secteur minier », avance-t-elle.

L’AEMQ est plus optimiste que l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), qui sonde chaque année les intentions des entreprises. Dans sa plus récente mise à jour, l’ISQ prévoit que les dépenses d’exploration atteindront 589 millions en 2020, une augmentation de 17 % comparativement au niveau de 2019.

Un arrêt forcé

La pandémie a forcé l’arrêt des activités d’exploration en mars pour une période de deux mois. Dans certains cas, elles n’ont pu reprendre qu’avec le retour du gel, à l’automne.

Tant à Québec qu’à Ottawa, les gouvernements ont pris des mesures pour atténuer l’impact des mesures sanitaires sur les activités minières. Selon Valérie Fillion, ces mesures laissent prévoir encore deux autres bonnes années pour l’exploration minière, en 2021 et en 2022.

« Le gouvernement a rallongé d’un an la durée de vie des claims, illustre-t-elle, et la mise à jour budgétaire de lundi contenait des mesures concernant les actions accréditives qui seront positives. »

Le secteur de l’exploration devrait aussi profiter de la reprise des rencontres entre les entreprises et les investisseurs, qui sera rendue possible avec l’arrivée d’un vaccin contre le coronavirus. Explor, le grand évènement annuel de l’industrie, a eu lieu cette année en mode virtuel, mais rien ne remplace les contacts en personne, assure Valérie Fillion.

Le secteur de l’exploration minière pourrait aussi bénéficier de la nouvelle stratégie québécoise de développement des minéraux critiques et stratégiques. Mais ce n’est pas pour demain, tempère Valérie Fillion. « On est encore aux balbutiements » de cette filière qui risque de se développer de façon différente de ce que l’industrie connaît, explique-t-elle.