Le Plan pour une économie verte, publié la semaine dernière par Québec, est le bienvenu principalement pour la planète, mais également pour la création de valeur. Comme le Québec bénéficie déjà d’une électricité très propre, ce nouveau plan voit au-delà des solutions traditionnelles en visant à élargir l’utilisation de cette électricité verte dans de nouveaux secteurs où elle pourra réduire nos émissions tout en créant de la richesse. Il faut saisir cette chance d’assainir notre bilan environnemental et d’exporter notre savoir-faire pour mettre en place des mesures durables pour une planète plus saine.

Michel Letellier
Président et chef de la direction, Innergex énergie renouvelable

Alors que le marché du carbone joue un rôle majeur pour inciter à la réduction des gaz à effet de serre (GES) dans le secteur industriel, la vision ambitieuse dévoilée par Québec, notamment avec l’électrification des transports et des bâtiments, ou des technologies de pointe comme le stockage ou l’hydrogène, pourrait favoriser l’émergence d’entreprises vertes qui auraient alors l’occasion de devenir des leaders climatiques dont la planète a besoin.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Michel Letellier, président et chef de la direction, Innergex énergie renouvelable

Nous devons encore verdir notre électricité en minimisant la part du pétrole dans les réseaux électriques éloignés et autonomes. Au Nunavik, le projet de centrale hydroélectrique au fil de l’eau Innavik de 7,5 MW, qui a été lancé par la communauté inuit d’Inukjuak et développé par Innergex, est l’initiative la plus importante à l’heure actuelle au Québec pour remplacer l’utilisation du diesel. La centrale, actuellement en construction, verra le jour en 2022. Elle permettra à la communauté de réduire sa consommation d’hydrocarbures de plus de 80 % et de réduire ses émissions de GES de 700 000 tonnes sur un horizon de 40 ans. En plus d’être excellent pour la planète, ce projet favorise le développement de la communauté grâce au partenariat 50-50. Ainsi, de nouvelles sources de revenus de même que des fonds pour les projets communautaires seront créés et les coûts d’approvisionnement en électricité seront réduits.

Fierté

Les Québécois peuvent être très fiers des grands projets hydroélectriques du XXsiècle. En plus d’être propres, ils offrent des capacités de stockage qui ont permis l’intégration de la filière éolienne. Cependant, partout ailleurs dans le monde, la clé d’une énergie 100 % renouvelable se trouve dans le stockage, les batteries et l’hydrogène vert. Voilà des occasions à saisir pour le Québec puisque nous avons non seulement les ressources, mais aussi l’expertise pour devenir un acteur important dans le domaine du stockage par batteries ; il s’agit de l’une de nos meilleures avenues pour créer de la richesse.

Quant à l’hydrogène vert, le Québec pourrait en être le véritable pionnier. Nous pouvons mettre en service de nouveaux parcs éoliens et solaires voués à la production d’hydrogène issu de procédés québécois novateurs. Nous avons tout ce qu’il faut pour créer le carburant vert utile à nos propres transports et pour exporter cette énergie. Alors que l’électricité peut être exportée sur de courtes ou moyennes distances, l’hydrogène vert est une solution pour distribuer l’énergie à travers le monde.

Le gouvernement doit encourager le développement d’entreprises en mesure de collaborer à l’atteinte et même au dépassement des objectifs fixés. Depuis 30 ans, Innergex contribue à la production d’énergie renouvelable au Québec et exporte son savoir-faire québécois à l’international. Nous souhaitons perpétuer notre soutien envers la province dans sa démarche de réduction des émissions de GES et de création de richesses. Le plan du Québec est visionnaire et il nous appartient de le concrétiser.