L’étude « la plus importante en son genre au monde », menée par un organisme lié à l’université ontarienne McMaster à l’aéroport de Toronto, semble démontrer qu’une quarantaine de sept jours, accompagnée de deux tests de dépistage, suffirait à prévenir l’arrivée au Canada de voyageurs infectés par la COVID-19.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Lancée en septembre dernier, en partenariat avec Air Canada, l’étude suscite depuis ses débuts beaucoup d’espoir au sein de l’industrie touristique et du transport aérien. Ses auteurs ont publié des résultats préliminaires mardi.

En date du 2 octobre, 8644 voyageurs débarqués à Toronto avaient accepté de s’autoadministrer un test de dépistage. Ils quittaient aussi l’aéroport avec deux autres tests, qu’ils devaient à nouveau s’autoadministrer au septième et au quatorzième jour de leur isolement, respectivement.

Du lot, environ 1 % (89 personnes) ont eu un test positif. La plupart (61) l’ont eu dès leur arrivée. Vingt-trois l’ont eu après sept jours et cinq au terme des deux semaines obligatoires d’isolement.

«  Un test PCR effectué à l’arrivée détecterait environ 70 % des cas positifs [et] un second test, effectué le septième jour, détecterait le reste des cas positifs  », résume-t-on.

À peine 0,1 % des participants n’auraient donc pas été détectés après une quarantaine de sept jours ponctuée de tests à l’arrivée et à la fin. C’est donc dire que sur 100  000 voyageurs entrant au pays, une telle procédure pourrait en laisser échapper une centaine.

Encourageant

L’un des principaux chercheurs, le professeur Vivek Goel, modère toutefois les inquiétudes liées à ces cas non détectés. Ils peuvent inclure des gens qui n’ont pas respecté la quarantaine ou de faux positifs, rappelle-t-il.

«  Sinon, ce sont des gens qui avaient une période d’incubation très longue et qui ne sont probablement pas très contagieux , estime-t-il. Mais même s’ils étaient tous contagieux, ça voudrait dire que la seule façon est d’imposer une quarantaine de 14 jours comme c’est le cas actuellement. »

Les gens ne la respectent pas tous [la quarantaine de 14 jours]. En réduisant la période à sept jours, avec deux tests, le taux de respect de la quarantaine pourrait être meilleur. Ce pourrait être plus sécuritaire.

Vivek Goel, professeur et chercheur

Pour le médecin en chef d’Air Canada, Jim Chung, les résultats sont encourageants.

«  Ils suggèrent qu’un programme de tests peut constituer une [solution de rechange] viable à une quarantaine obligatoire de 14 jours et une méthode pour réduire les restrictions de voyage de façon plus générale  », a-t-il affirmé dans un communiqué publié par l’Université McMaster.

Les résultats complets seront dévoilés par McMaster HealthLabs, un organisme sans but lucratif institué spécialement pour des recherches liées à la COVID-19, en janvier prochain, après l’analyse de l’ensemble des résultats, amassés jusqu’à samedi dernier. On estime qu’ils tiendront alors compte d’environ 16  000 participants et de plus de 40  000 tests.