Hyperactif, le promoteur Cogir, de Montréal, a lancé sept projets d’une valeur d’un demi-milliard de dollars dans la région montréalaise depuis la réouverture des chantiers de construction au printemps.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

Cogir n’évolue pas en vase clos. Malgré la COVID-19, il s’est construit plus d’habitations au Québec après neuf mois en 2020 qu’au cours de la même période l’an dernier, à la surprise générale.

« Pour chacun d’entre eux, on obtient de très bons résultats de prélocation et de prévente, assure le président de Cogir, Mathieu Duguay, dans un entretien avec La Presse. Je suis fier et reconnaissant à l’égard de nos partenaires d’affaires qui ont maintenu la confiance en nous pour que nous puissions aller de l’avant avec nos projets de nouvelle génération », poursuit-il.

Les promoteurs ne chôment pas. En juillet, Cogir, qui fête ses 25 ans cette année, a commencé la construction du plus imposant de ses sept chantiers : Le Newman, à proximité du Carrefour Angrignon, dans l’arrondissement de LaSalle.

D’un coût total de 275 millions, ce projet à vocations diverses est réalisé en partenariat avec la société américaine Welltower et un institutionnel québécois souhaitant rester discret.

Le chantier échelonné sur deux phases comprend la construction d’une résidence privée pour aînés (RPA) sous l’enseigne Jazz, d’un immeuble locatif résidentiel sous l’enseigne Mostra, d’une tour de condos et de locaux commerciaux. Environ 40 % des 169 logements en copropriété de la phase 1 ont trouvé preneur.

Au total, Newman comprendra 939 unités d’habitation qui seront construites en quatre ans.

Le Newman constitue le projet le plus ambitieux du promoteur depuis Humaniti, dans le Quartier international. « On regarde en avant, dit l’homme d’affaires de 41 ans. J’adore mon métier. On s’attaque à des projets qui posent des défis stimulants. »

Également dans l’île de Montréal, Cogir a vendu 70 % des logements offerts dans les nouvelles phases du projet TAK, dans le Vieux-Rosemont, près des rues Molson et Masson. La période de mise en vente des unités du projet de 35 millions s’est ouverte en mai. Le début de la construction doit se faire d’ici la fin de 2020.

Toujours dans les quartiers centraux, Cogir, en équipe avec la société TGTA de Martin Galarneau, va de l’avant avec les deux dernières phases de l’Atelier Castelneau, au sud du parc Jarry, un investissement de quelque 55 millions. Les 140 copropriétés offertes sont vendues à 95 %.

Cogir est aussi actif sur la Rive-Sud dans l’ancien îlot Natrel, du nom de l’ancienne usine de transformation laitière qui a été en exploitation pendant 60 ans avant de fermer ses portes en mai 2016. Au coin du chemin de la Rabastalière et de la rue Roberval, une résidence pour personnes âgées de 85 millions sort tranquillement de terre depuis mai. Environ 40 % des 259 unités sont louées.

Toujours en banlieue, mais cette fois dans la couronne nord, Cogir bâtit 24 maisons en rangée dans le lotissement Alvéo Mirabel, d’un coût de 7 millions.

Bien que nos projets du centre-ville aillent très bien, je vous confirme qu’il y a un engouement pour les banlieues qui est plus fort qu’auparavant.

Mathieu Duguay, président de Cogir

On constate la popularité de la banlieue tout autant dans le marché de la revente. La proportion d’acheteurs de maisons de banlieue en provenance de l’île de Montréal est passée de 25 % à 30 % cet été par rapport à l’été 2019, rapportait la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) le mois dernier. « Les ventes en banlieue vont beaucoup mieux que sur l’île de Montréal », confiait Francis Cortellino, son analyste de marché.

Cogir n’a pas délaissé le centre-ville pour autant, elle qui termine bientôt les travaux à l’Humaniti. En collaboration avec Québecor, propriétaire du Cinéma Impérial voisin, la société de Mathieu Duguay a mis en vente les 220 copropriétés Imperia, dans le Quartier des spectacles. « On est tout près de 40 % de préventes et on en vend chaque semaine », dit son président, tout en reconnaissant que l’écoulement des unités au centre-ville n’est pas revenu à son rythme pré-COVID-19. Imperia représente un investissement de 70 millions.

À un jet de pierre du centre-ville, Cogir a donné le feu vert à la réouverture des bureaux de vente de la phase 3 de Noca, sur le bord du canal de Lachine, à Griffintown. La phase représente un investissement de 50 millions et 90 % des 114 condos ont aujourd’hui trouvé preneur.