Cinq communautés autochtones du Québec s’adressent au ministère américain de l’Énergie pour empêcher la réalisation d’une ligne de transport d’électricité vers le Massachusetts

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« Nous refusons de continuer à nous faire voler, affirment les représentants des Premières Nations, de Pessamit, Wemotaci, Pikogan, Lac Simon et Kitcisakik, dans un mémoire soumis à l’administration américaine. Notre démarche consiste donc à nous opposer à ce que l’on vende ce qui nous appartient aux États-Unis, sans que nous ayons notre mot à dire, affirment leurs représentants dans le mémoire soumis à l’administration américaine.

C’est une nouvelle tuile qui s’abat sur le projet de ligne de transport d’électricité d’Hydro-Québec qui doit traverser le Maine pour rejoindre le Massachusetts. Un contrat de 20 ans pour 9,5 térawattheures et des milliards de dollars de revenus sont en jeu. Hydro-Québec et son partenaire américain attendent les approbations réglementaires finales, dont le permis présidentiel, pour mettre le projet en branle.

Les Premières Nations affirment que 36 % de la puissance hydroélectrique d’Hydro-Québec est produite sur leurs territoires qui n’ont jamais été cédés et pour lesquels elles n’ont jamais obtenu de compensation.

Elle joignent leur voix à l’opposition déjà très forte dans le Maine envers le projet d’interconnexion connu sous le nom de NECEC. En 2018, la Première Nation de Pessamit s’était opposée au projet Northern Pass, une alternative pour acheminer l’électricité québécoise vers le Massachusetts qui a dû être abandonnée.

Les Premières Nations disent vouloir faire dérailler le projet d’interconnexion pour obtenir justice. « Si les gouvernements font la sourde oreille au respect de nos droits, Pessamit, Wemotaci, Pikogan, Lac Simon et Kitcisakik mettront tout en œuvre pour faire dérailler à son tour le projet NECEC ! »

Selon le chef de Kitcisakik, Régis Penosway, le Québec s’enrichit aux dépens des Premières Nations. « Bien qu’entourées d’installation d’Hydro-Québec, nos demeures n’ont ni électricité ni eau courante et ne disposent d’aucune infrastructure de gestion des eaux usées. Nos Premières Nations ont permis au Québec de s’industrialiser et à la majorité de ses citoyens d’accéder à une meilleure qualité de vie, mais les indicateurs de bien-être pour nos communautés continuent d’être comparables à ceux de pays du tiers-monde. »