Des élus de l’opposition officielle demandent à l’administration Plante de faire pression sur Québec pour diminuer « temporairement » les taxes des immeubles non résidentiels au centre-ville. Ils soutiennent que la mesure contribuerait à « donner espoir » à plusieurs commerces, alors que la Ville tente de relancer le dynamisme économique dans le secteur.

Publié le 9 sept. 2020
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Cette administration a une occasion de « soulager les petits commerces et, surtout, de démontrer qu’elle est à l’écoute du milieu des affaires », martèle le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. Soutenu par le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, et le conseiller Aref Salem, il déposera une motion en ce sens à la prochaine séance du conseil municipal, le 21 septembre.

S’il salue les efforts de la Ville dans les dernières semaines, M. Perez affirme toutefois que les commerces ont besoin d’une aide concrète et rapide. « Il faut quelque chose d’immédiat, comme la taxation. C’est tout le positionnement économique de Montréal qu’il faut en réalité réévaluer, d’un point de vue structurel », dit le conseiller du district de Darlington.

« Ça donnerait un peu d’espoir et d’air à nos commerces pour respirer et essayer de passer les six prochains mois, en attendant d’autres programmes d’aide », estime M. Perez.

Il ajoute que la métropole québécoise est déjà la ville qui taxe le plus le secteur non résidentiel et commercial au Canada, « et de loin ». « Pour chaque tranche de 1000 $ d’évaluation foncière, les commerces montréalais paient environ 38 $, alors que la moyenne canadienne est de 24 $ », illustre l’élu, en se basant sur des données d’une récente étude du groupe Altus.

Selon le parti, cette baisse de taxes devrait être en vigueur pendant toute l’année financière 2021. « C’est la chose à faire si on veut que les travailleurs reviennent au centre-ville », dit-il. Selon des chiffres présentés par la Ville, mardi dernier, les taux d’occupation dans les bureaux du centre-ville atteignent à peine 10 %.

Montréal étudiera l’option

Le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, affirme pour sa part que l’idée de baisser le niveau de taxation « sera étudiée », sans vouloir s’avancer davantage.

Avec le comité [consultatif] formé d’experts et nos partenaires, nous ne ménageons aucun effort pour trouver et appliquer des solutions qui vont soutenir la relance.

Catherine Cadotte, attachée de presse au cabinet de la mairesse

Le défi serait toutefois majeur, le télétravail, l’absence d’étudiants étrangers et de touristes rendant le centre-ville « particulièrement vulnérable ». « C’est pourquoi la mairesse a formulé des demandes d’aide aux paliers supérieurs », justifie Mme Cadotte, ajoutant que la Ville est bel et bien « en marche vers la relance ».

Selon les données du cabinet, 89 % du « niveau d’activité économique » est revenu au centre-ville, par rapport au mois de février 2020.

Une demande de longue date

En mai, dans un mémoire prébudgétaire, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, demandait déjà à la Ville de Montréal « d’abaisser les taux de taxes non résidentielles, afin d’alléger le fardeau des entreprises et d’améliorer la compétitivité des artères commerciales ».

« La Chambre estime que la charge fiscale imposée au secteur non résidentiel est trop élevée par rapport au secteur résidentiel et malgré certaines améliorations annoncées dans le cadre du budget municipal de 2019, il reste beaucoup à faire », notait-il alors.

D’autres organismes, dont l’Institut de développement urbain du Québec (IDU), réclament aussi une plus grande équité entre les taxations résidentielle et non résidentielle. L’objectif est « de cesser d’étouffer tout particulièrement les commerçants et les PME », écrit la CCMM dans son mémoire.