Dépassant les 10 milliards, l’offre d’achat d’Altice USA sur Cogeco est l’une des plus importantes propositions d’acquisition faites à une entreprise québécoise depuis 20 ans. Voici ce qu’il est advenu de certaines d’entre elles.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

Teachers pour BCE

PHOTO ANNE GAUTHIER, ARCHIVES LA PRESSE

BCE Inc., anciennement Bell Canada Enterprises Inc.

2008

52 milliards (62 milliards en dollars d’aujourd’hui)

La transaction d’une valeur de 52 milliards, qui visait à ce que le Fonds de retraite des enseignants ontariens rachète BCE, a avorté en 2008. « Ce n’était pas tant une acquisition qu’une façon pour Teachers, qui est un fonds de retraite, d’utiliser son capital et de revendre l’entreprise avec profit », commente Louis Hébert, professeur à HEC Montréal et spécialiste des fusions et acquisitions d’entreprises. Pourquoi la tentative a-t-elle échoué ? « Les termes n’étaient pas assez élevés, et le modèle financier de Teachers ne pouvait pas permettre d’acheter plus. »

Rio Tinto pour Alcan

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

L’annonce de la vente d’Alcan à Rio Tinto a été faite en juillet 2007. Sur la photo : Dick Evans, président d’Alcan, Paul Albanese, président et chef de direction de Rio Tinto, Yves Fortier, président du conseil d’administration d’Alcan et Paul Skinner, président du conseil d’administration de Rio Tinto.

2007

41 milliards (50 milliards en dollars d’aujourd’hui)

Le concurrent américain d’Alcan, Alcoa, a donné en 2007 le coup d’envoi à la course à l’acquisition en déposant une offre hostile de 33 milliards US. La même année, c’est finalement le groupe minier anglo-australien Rio Tinto qui a mis la main sur Alcan pour une somme de 38,1 milliards US. L’entreprise s’était engagée à maintenir le siège social de la société québécoise à Montréal. « Alcan, c’est sans doute LA transaction qui a ouvert le champ à d’autres transactions, qui d’une certaine manière a fait école, soutient M. Hébert. C’était un fleuron acheté par une entreprise étrangère. »

BCE pour Teleglobe

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

BCE a racheté Teleglobe pour 9,6 milliards en 2000.

2000

9,6 milliards (13,8 milliards en dollars d’aujourd’hui)

En 2000, alors qu’il est actionnaire à 22 %, BCE rachète la totalité de Teleglobe pour 9,6 milliards. À l’époque, Teleglobe – dirigée par Charles Sirois – employait 2000 personnes à travers le monde, dont la moitié travaillait à Montréal. Deux ans plus tard, en avril, après que le titre de BCE eut perdu 27 % de sa valeur en trois semaines, l’entreprise songe à laisser tomber Teleglobe. BCE décide finalement de lui retirer son soutien financier.

Québecor et la Caisse de dépôt pour Vidéotron

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Avec l’aide de la Caisse de dépôt, Québecor achète Vidéotron en 2000.

2000

4,9 milliards (7,0 milliards en dollars d’aujourd’hui)

En 2000, Québecor s’allie avec la Caisse de dépôt et placement du Québec pour faire l’acquisition de Vidéotron. Montant de la transaction : 4,9 milliards. Le duo a ainsi bousillé les projets de Rogers Communications, qui avait également des visées sur le câblodistributeur. « On voulait conserver Vidéotron comme entreprise québécoise », rappelle Louis Hébert.

Cliffs Natural Resources pour Consolidated Thompson

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

La mine de fer de la Consolidated Thompson près de la ville de Fermont

2011

4,8 milliards (5,6 milliards en dollars d’aujourd’hui)

Une entreprise québécoise peu connue avait réussi à construire en à peine deux ans un gigantesque complexe minier près de Fermont. Alors que les prix du fer étaient au plafond et que les grandes transactions minières se succédaient, l’américaine Cliffs Natural Resources a offert pas moins de 4,8 milliards pour acheter la mine du lac Bloom. Ce fut une excellente transaction pour les actionnaires, mais affreuse pour Cliffs : le prix du fer s’est effondré, et Cliffs a dû mettre toutes ses activités canadiennes en faillite.

Yamana et Agnico-Eagle pour Osisko

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Des travailleurs du site d’exploration aurifère Windfall de la société Osisko

2014

3,9 milliards (4,3 milliards en dollars d’aujourd’hui)

Osisko, propriétaire de la mine Canadian Malartic en Abitibi, est passée aux mains des torontoises Agnico-Eagle et Yamana Gold en 2014 pour 3,9 milliards. « C’est une tentative de consolidation, souligne M. Hébert. Osisko avait développé un modèle d’affaires très intéressant. Ce n’était pas nécessairement une transaction désirée, mais elle a quand même été avantageuse pour les actionnaires. »