Pour la plupart vêtus d’un chandail noir orné d’un pictogramme qui barre le logo de GE, quelque 65 retraités de l’usine d’électroménagers MABE Canada se sont assemblés cet avant-midi (mardi) devant leur ancien lieu de travail, rue Notre-Dame, dans l’est de Montréal, pour souligner le sixième anniversaire de la faillite de l’entreprise.

Marc Tison Marc Tison
La Presse

Réunis tous les ans à pareille date, les retraités veulent ainsi dénoncer la perte, depuis le 24 août 2014, d’une part importante de leur régime de retraite et de leur assurance vie.

« En 2012, ils nous avaient annoncé la fermeture de l’usine. Si on travaillait jusqu’au bout de façon professionnelle, les fonds de pension, l’assurance vie et les avantages sociaux ne seraient pas touchés », a indiqué sur place Michel Morin, le dernier président de la section syndicale 501 rattachée à la centrale Unifor, qui représentait les travailleurs de l’usine.

La fermeture graduelle s’est étalée en 2014. « Deux semaines après la fermeture, ils ont décidé de se mettre sous la protection de la loi sur la faillite pour ne pas remplir leurs engagements », a poursuivi le retraité, qui a travaillé pendant 40 ans pour l’usine détenue successivement par GE, Camco et MABE. « On a perdu 22 % du fonds de pension. »

Dans un recours collectif, les retraités réclament 68 millions de dollars au nom de 1500 anciens employés.

« On a fait reconnaître par des jugements au tribunal du travail et de la Cour supérieure que MABE, qui a fait faillite, et MC Commercial, qui continue à faire la distribution pour GE à travers le Canada, sont la même compagnie, a-t-il ajouté. Il y a osmose entre les deux. »

Le 27 février dernier, la Cour d’appel a rejeté une demande d’arrêt des procédures présentée par MC Commercial à l’encontre du recours collectif entrepris par les retraités de l’usine.

« On fait connaître que le combat continue », a exprimé Michel Morin, entouré de ses ex-collègues.