Boule de neige se réinvente. La plateforme d’achats philanthropiques, appelée jusqu’au printemps dernier Give-a-Seat, offre maintenant aux consommateurs non plus des billets de spectacles au rabais, mais des produits au rabais de 50 entreprises québécoises.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

Ceux qui visitent le site bouledeneige.ca y trouvent des paires de bas de Poches & Fils, des pots de caramel La Lichée et autres montres Möod. Les articles sont affichés à 75 % du prix original. Et pour chaque transaction, 10 $ sont remis à un organisme caritatif, choisi par le client.

« La pandémie nous a frappés, raconte Théo Corboliou, cofondateur de la plateforme avec Guillaume Campeau. À la mi-mars, on s’est dit que l’été allait être long avec l’annulation des évènements, comme la Coupe Rogers et Piknic Électronik. Juin, juillet et août représentent habituellement la plus grande partie de notre chiffre d’affaires annuel. »

En avril, une formule renouvelée baptisée Boule de neige (nouveau nom de Give-a-Seat) voyait ainsi le jour avec 15 partenaires. « Puis, chaque mercredi, on a annoncé de nouvelles entreprises », dit Théo Corboliou.

Chaque transaction sur le site de Boule de neige est signalée au commerçant, qui s’occupe de la livraison. « Car nous n’avons pas d’entrepôt, explique Théo Corboliou. Mais nos partenaires nous assurent un stock spécialement pour notre plateforme. »

Les délais de livraison diffèrent d’une entreprise à l’autre, tout comme le type d’articles offerts sur le site. « Certaines entreprises nous donnent un inventaire illimité, raconte Théo Corboliou. On essaie d’être flexibles, car c’est la pandémie pour elles aussi. On est d’ailleurs transparents pour les délais de livraison. Chaque entreprise a ses conditions. On espère que ce soit entre 7 et 20 jours. »

Présente depuis avril sur le site, Kliin y offre un ensemble d’essuie-tout réutilisables pour 30 $.

Ce n’est pas hyper payant pour nous. Mais ça me fait plaisir de remettre de l’argent au Club des petits déjeuners. Et il y a de bons rabais pour les consommateurs.

Marie-Pierre Bérubé, fondatrice de Kliin

Boule de neige, qui conserve 15 % du montant de la transaction, dit comptabiliser plusieurs centaines de visites par jour. Durant le premier mois d’exploitation, la plateforme a remis 2500 $ au Club des petits déjeuners, ce qui représente 250 transactions. « Le pourcentage de revenus tirés de Boule de neige par rapport aux ventes totales de mon entreprise est minime, dit Marie-Pierre Bérubé. Mais la mission est noble. J’ai moi-même acheté des produits sur le site. »

Ce ne sont toutefois pas tous les créateurs et entrepreneurs qui ont les moyens de s’afficher sur Boule de neige. « Certains ne peuvent pas se permettre de faire des rabais. C’est assez agressif comme marge, admet Théo Corboliou. Mais c’est une nouvelle façon de passer des surplus de stocks. Et je ne parle pas d’articles avec des défauts de fabrication. Cela dit, des partenaires participent par pure vocation sociale. »

À l’autre bout de la chaîne, Boule de neige intéresse des consommateurs âgés de 18 à 34 ans dans 85 % des cas, souvent le même profil que celui des clients de Give-a-Seat. « Une donnée m’a choqué, il y a trois ans, lors d’une conférence : l’âge moyen des philanthropes est de 59 ans au Québec, raconte Théo Corboliou. C’est surprenant quand on sait que la jeune génération est plutôt conscientisée. Mais elle a moins d’argent. Notre plateforme offre donc une nouvelle façon d’exprimer sa philanthropie. »

> Consultez le site de Boule de neige