(Montréal) Malgré un climat de relations de travail parfois en ébullition ces dernières années dans l’industrie de la construction, la représentativité des syndicats n’a pas beaucoup changé à l’issue du scrutin qui vient d’être tenu.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Ce scrutin syndical, dont les résultats ont été dévoilés mardi par la Commission de la construction, confirme le rang des cinq organisations syndicales reconnues. Ce scrutin n’a lieu qu’une fois tous les quatre ans.

L’ordre demeure le même, à savoir la FTQ-Construction avec 43 % des travailleurs de l’industrie, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International) avec 23 %, le Syndicat québécois de la construction avec 19 %, la CSD-Construction avec 9 %, puis la CSN-Construction avec 6 %.

La seule organisation à avoir pris du poids de façon notable est le Syndicat québécois de la construction — un syndicat indépendant — qui a vu sa représentativité croître de près de 3 %. Les autres ont en fin de compte peu perdu ou sont restés à peu près stables.

La FTQ-Construction continue de dominer, étant passée de 43,86 à 43 % entre les scrutins de 2016 et 2020.

La CSN-Construction avait pourtant mené une campagne publicitaire intense à la radio pour tenter de récupérer les membres qu’elle avait perdus en 2016. Elle s’y vantait d’avoir les cotisations syndicales les moins élevées des cinq organisations. En fin de compte, elle est demeurée à 6 %.

Pourquoi c’est important

La représentativité des syndicats est importante, parce qu’elle détermine le poids relatif de chaque organisation au moment de négocier les conventions collectives face aux associations d’employeurs et au moment de voter sur les éventuelles ententes de principe.

Le scrutin concernait 192 360 travailleurs au Québec.

La Commission de la construction a rapporté avoir reçu 30 292 bulletins de vote. Ce sont ceux qui désirent changer d’allégeance syndicale qui expriment leur droit de vote, les autres sont présumés vouloir garder la même allégeance.

Au Québec, les travailleurs qui entrent dans l’industrie doivent choisir une des cinq organisations auprès de laquelle ils désirent se syndiquer. Ensuite, un scrutin est mené tous les quatre ans pour permettre à ceux qui veulent changer d’allégeance syndicale de voter en ce sens.

Le scrutin a eu lieu du 1er au 20 juin, après une période de maraudage intersyndical en pleine pandémie de coronavirus.

Réactions

La présidente de la CCQ, Diane Lemieux, qui encadre le scrutin, s’est montrée satisfaite de son déroulement.

Le président de la FTQ-Construction, Rénald Grondin, a remercié ses membres qui sont restés au bercail et souhaité la bienvenue aux nouveaux membres. Il a dit vouloir maintenant se concentrer sur la négociation des conventions collectives, qui doit commencer au cours des prochains mois.

Même son de cloche au Conseil provincial, où on espère, grâce à la future négociation, rendre les chantiers plus sécuritaires, protéger les métiers et favoriser une meilleure conciliation travail-famille.

À la CSD-Construction, le président Carl Dufour a dit « accepter le résultat avec humilité » et vouloir « travailler très fort pour mieux comprendre les attentes des travailleurs de la construction, afin de leur donner des outils syndicaux répondant à leurs besoins ».