(Montréal) C’est ce lundi 1er juin que débute le scrutin syndical pour quelque 190 000 travailleurs dans l’industrie de la construction au Québec.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Ce scrutin, qui n’a lieu qu’une fois tous les quatre ans, se déroule jusqu’au 20 juin, et par la poste.

C’est la Commission de la construction du Québec (CCQ) qui a le mandat de surveiller le bon déroulement du scrutin. Le vote suit la période de maraudage entre les syndicats, qui a eu lieu en mai, dans le contexte de la pandémie de coronavirus.

La CCQ a précisé, lundi, avoir reçu 33 signalements pendant la période de maraudage intersyndical. L’essentiel des signalements avait trait à la sollicitation des travailleurs sur les lieux de travail.

Représentativité

Le scrutin syndical permet de mesurer la représentativité des cinq organisations syndicales qui sont reconnues par la loi. Et c’est cette représentativité qui donne la force de chaque organisation syndicale, au moment de négocier les conventions collectives face aux quatre associations patronales de l’industrie.

À l’issue du dernier scrutin, en 2016, la FTQ-Construction est la plus représentative des cinq, avec 44 % des travailleurs. Elle est suivie du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International) avec 24 %, du Syndicat québécois de la construction avec 16 %, de la CSD-Construction avec 10 % et de la CSN-Construction avec 6 %.

Le scrutin a ceci de particulier qu’il s’agit d’un vote par présomption, c’est-à-dire que celui qui n’exerce pas son droit de vote est présumé vouloir conserver la même allégeance syndicale.

Comment ça compte

Autre fait particulier : tous les votes n’ont pas le même poids. Le travailleur peut être un « votant » ou un « participant ». Un votant doit avoir travaillé durant au moins 300 heures dans la dernière année. Le participant a travaillé moins de 300 heures pendant cette période.

Ainsi, des 192 360 travailleurs, 127 965 sont des votants et 64 395 sont des participants.

Le statut de votant compte lorsque vient le temps de mesurer la représentativité des organisations syndicales. Mais le statut de participant ne compte que pour accorder l’allégeance syndicale choisie au travailleur.

Négociation des conventions

Les quatre conventions collectives dans l’industrie de la construction arriveront à échéance le 30 avril prochain. Elles concernent le secteur résidentiel ; celui du génie civil et voirie ; celui de l’industriel ; puis celui de l’institutionnel et commercial.

Les dernières négociations avaient été particulièrement difficiles. Le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, avait donc rencontré les acteurs de l’industrie des mois à l’avance, l’hiver dernier, pour leur demander de commencer les négociations plus tôt, afin de leur donner plus de chances d’aboutir à un règlement.

Les organisations syndicales ne sont toutefois pas parvenues à s’entendre pour conclure un protocole de négociation entre elles, comme le veut la loi. Les quatre principales organisations, qui représentent 94 % des travailleurs, ont signé le protocole, mais la CSN-Construction, qui n’en représente que 6 %, a refusé et a demandé un arbitrage.

Ce choix retardera le processus de négociation des conventions collectives avec les associations patronales, ont déploré en entrevue la CSD-Construction et la FTQ-Construction.