Les restaurants de déjeuners ont fermé, les confinés ont cessé de se faire de gros stocks d’œufs. Résultat : les producteurs, qui se retrouvent avec des surplus d’œufs, abattront plus tôt que prévu entre 350 000 et 500 000 poules pondeuses.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Comme l’explique Paulin Bouchard, président de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec, au début de la pandémie, les Québécois se sont mis – tout comme pour le papier de toilette – à se faire des stocks tout à fait inhabituels d’œufs. « Les gens pouvaient acheter cinq douzaines à la fois et les commandes faites par les marchands étaient aussi jusqu’à cinq fois plus élevées qu’à l’habitude.

Puis, les restaurants ont fermé, les gens ont mangé leur réserve d’œufs, ils ont peut-être ralenti la cadence des gâteaux faits maison. La demande venant des transformateurs (qui font de la pâtisserie commerciale, par exemple) a aussi diminué de façon radicale.

Les producteurs se sont donc retrouvés avec un surplus d’œufs. « On a donné 84 000 douzaines d’œufs – l’équivalent de 250 000 $ aux banques alimentaires, notamment. »

Mais paradoxalement « donner des œufs, ça coûte cher, poursuit M.  Bouchard. Il faut continuer de nourrir la poule, laver les œufs, il y a l’emballage, aussi. Pour diminuer la pression sur les producteurs, il a été décidé de devancer l’abattage. »

Ainsi, au lieu d’être tuées à 71 semaines comme c’est normalement le cas, jusqu’à 500 000 poules seront abattues à 69 semaines.

Votre rôtisseur préféré ne vous refilera pas pour autant des poulets plus petits. Les poules pondeuses, qui donnent un poulet plus sec, plus bas de gamme, dixit M.  Gagnon, finissent plutôt en croquettes.

De quel ordre est la perte de revenus pour les producteurs ? C’est trop tôt pour le dire, répond M.  Gagnon, mais comme les producteurs sont regroupés en fédération, les pertes seront partagées entre eux tous.