Au Quartier DIX30, à Brossard, les clients faisaient la file devant les magasins d’électronique, de sports, de chaussures et de vêtements prisés des jeunes. Si, à l’intérieur des magasins, la majorité des employés portaient la visière ou le masque, seulement une poignée de clients se couvraient le visage. Un contraste avec l’artère commerciale de Saint-Hyacinthe, où presque tous clients étaient masqués la semaine dernière.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

Devant la boutique québécoise Garage, Julianna Lacoste et sa mère Véronique Raiche ont attendu en file 45 minutes avant de pouvoir entrer.

« On rapporte un vêtement qu’on n’était pas capables de retourner en ligne, explique l’adolescente, mais je veux aussi acheter un autre morceau. »

« Ma fille a besoin de voir les vêtements. Si on se déplace et qu’on attend aussi longtemps, c’est pour acheter », renchérit sa mère.

Un peu plus loin, une longue file de jeunes longeait la boutique québécoise Dynamite, tout aussi convoitée en cette journée de réouverture que celles des grandes chaînes Zara, H&M et Urban Outfitters.

Un contraste avec la majorité des grands noms québécois de vêtements pour femmes qui, malgré tout, avaient atteint leur objectif de vente de la journée.

« On espérait faire 30 % des ventes de l’an dernier et on l’a déjà dépassé », a relaté la gérante de Tristan, Hélène Frenette.

Mesures sanitaires

Dans la boutique, les vendeuses souriantes étaient fières de souligner qu’elles portaient des visières qu’elles avaient assemblées au siège social pendant la fermeture forcée. Pour l’instant, les mesures sanitaires qu’elles doivent assumer – nettoyage de cabines, de comptoirs, vêtements en quarantaine après l’essayage, puis passés à la vapeur – ne les effraient pas.

Du côté du Château, on désinfecte les cabines, mais on a exclu la vapeur et la quarantaine pour les vêtements essayés.

« Ça n’a pas été prouvé scientifiquement que c’était efficace contre virus, a soutenu la directrice régionale Nadine Lemieux lors de notre passage. Mais si on voit que ça pose problème à nos employés ou à la clientèle, on est prêts à revoir notre façon de faire. »

La boutique Le Château du Quartier DIX30 est la seule au Québec qui a pu rouvrir ses portes, car les autres sont situées dans des centres commerciaux. Alors que les ventes en ligne sont restées stables pendant la crise, la chaîne s’attend à une baisse de 65 % des clients en magasin.

Chez Moments intimes, pas de file non plus. Mais des clientes impatientes de trouver un maillot de bain en raison du beau temps étaient au rendez-vous.

« On a déjà atteint le montant des ventes de l’an dernier à pareille date, affirme la superviseuse Valérie Bergeron. Il y a plus de gens qu’un lundi de jour férié où on est ouverts. »

La chaleur hâtive a pris par surprise de nombreux parents qui faisaient la file devant le magasin Clément pour acheter des vêtements d’été, des chapeaux et des sandales.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

La chaleur hâtive a pris par surprise de nombreux parents qui faisaient la file devant le magasin Clément pour acheter des vêtements d’été, des chapeaux et des sandales.

Nettoyage et masque

Pendant ce temps, à la boutique québécoise Bizou, où certains venaient seulement faire du lèche-vitrine, la gérante se familiarisait avec les différentes procédures à suivre selon les accessoires essayés par les clients. Une paire de lunettes de soleil touchée par un client va dans un bac et sera ensuite nettoyée à l’eau et au savon. Idem pour les accessoires à cheveux. Pour les bijoux, la gérante a dû consulter son guide.

« C’est 72 heures en quarantaine, lit-elle. Le plus difficile jusqu’ici, a raconté Thérèse Guérin, c’est de s’adapter au masque et de rappeler les règles à tous les clients qui entrent. »

Aucune attente pour entrer chez Germain Larivière. Le directeur adjoint, Gilles Tessier, avoue qu’il s’attendait à voir plus de clients.

« On a vendu beaucoup d’électroménagers en ligne pendant que les magasins étaient fermés, dit-il. Aujourd’hui, je suis étonné de voir qu’il y a autant de demandes pour les meubles. »

C’est que le magasinage en ligne a ses limites, a constaté Madeleine Bossé, une cliente qui avait bien hâte à la réouverture pour enfin essayer des sofas. « Sur internet, on ne peut pas savoir s’il est confortable, explique-t-elle, on ne voit pas bien les couleurs ni le modèle. »

Entre les commerces achalandés, les Michael Kors, Aldo, Rudsak, Frank and Oak, Birks, Lindt, David’sTea s’ajoutaient aux restaurants fermés.