Un incendie important a endommagé dimanche l’usine de Bombardier à Belfast, en Irlande du Nord, là où sont assemblées les ailes de l’A220 d’Airbus.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Le brasier, qui n’a fait ni mort ni blessés, pourrait néanmoins avoir des conséquences importantes à la fois pour Bombardier et pour Airbus Canada.

« Nous pouvons confirmer que les services d’urgence ont dû répondre à un incendie à l’usine principale du site de Queen’s Island (dimanche) soir et que celui-ci a été éteint », a laconiquement indiqué une porte-parole de Bombardier par courriel.

« Il n’y avait pas d’employés au travail à ce moment et, heureusement, personne n’a été blessé. Nous devrons prendre du temps pour évaluer les dommages et n’avons pas d’information supplémentaire en ce moment. »

Le feu s’est déclaré dans une section de l’usine consacrée à la peinture et au traitement de surfaces. L’« usine principale » du complexe de Bombardier en Irlande du Nord fabrique différentes pièces, mais pas les ailes de l’A220, assemblées dans un autre immeuble, à l’écart.

Il a été impossible dimanche de savoir si la section endommagée jouait un rôle dans le processus et si la livraison d’ailes à l’usine d’assemblage de l’A220 à Mirabel pourrait en souffrir.

Usine en vente

Bombardier a annoncé le 31 octobre dernier la vente de ses installations de Belfast et de Casablanca, au Maroc, à l’américaine Spirit Aerosystems en échange de 500 millions $ US. Spirit prendra aussi la charge d’environ 700 millions de dollars de dette, portant la valeur totale de la transaction à 1,2 G$ US pour Bombardier.

Cette transaction n’a toutefois pas encore été conclue. La direction de Spirit a confirmé le 6 mai dernier qu’elle était toujours intéressée à la mener à bout, malgré les effets de la pandémie.

Si l’incendie devait modifier les plans de l’acheteur, les conséquences pourraient être lourdes pour Bombardier, qui a besoin des sommes prévues pour alléger sa dette.

« En ce moment, nous croyons que l’incapacité de Bombardier de compléter la vente du CRJ et/ou [des usines de Belfast et Casablanca] pourrait nuire à sa capacité à faire appel au marché obligataire à ses échéances de dette en 2021, ce qui pourrait placer l’entreprise dans une situation difficile », a écrit l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins, au début du mois. La vente du CRJ a depuis été conclue.

En plus des ailes de l’A220, l’usine de Belfast fabrique d’autres pièces pour Airbus et Bombardier. Elle est le plus gros employeur industriel d’Irlande du Nord.