(Toronto) Touchés par les mesures mises en place contre la pandémie, qui ont étouffé l’industrie des voyages et immobilisé une grande partie de l’aviation commerciale mondiale, les aéroports du Canada prévoient être privés de revenus d’environ 2 milliards cette année.

Colin Perkel
La Presse canadienne

L’isolement des voyageurs potentiels, la fermeture des frontières et les annulations de vols ont entraîné une baisse abrupte de la demande de billets d’avion et, par extension, des services aéroportuaires.

« Nos aéroports ont vu leur trafic et leurs revenus chuter de façon significative — en moyenne d’environ 90 % », a affirmé Daniel-Robert Gooch, chef du Conseil des aéroports du Canada, qui représente 100 aéroports. « Pour la fin de l’année, les aéroports anticipent une baisse des revenus pour l’année d’environ 55 % par rapport à ce qu’ils auraient été, et d’encore plus dans les petits aéroports. »

Au final, a précisé M. Gooch, les pertes anticipées s’établissent entre 1,8 milliard et 2,2 milliards.

À l’échelle mondiale, le trafic aérien commercial a diminué de 41 % par rapport aux niveaux de 2019 pour les deux dernières semaines de mars seulement, selon Flightradar24.com. Le Canada a également été durement touché.

Les mesures d’isolement d’urgence, y compris la fermeture de la frontière canado-américaine et les directives sur le confinement à domicile, ont essentiellement immobilisé le trafic aérien normal. Au moins six aéroports régionaux, de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, à Prince-Rupert, en Colombie-Britannique, ont complètement perdu le service passagers régulier.

À l’Aéroport Pearson de Toronto, le plus grand du Canada, la chute du trafic passagers a laissé les terminaux, habituellement frénétiques et animés, dans un état plus proche de celui de villes fantômes étincelantes. Environ 5000 passagers transitent par l’installation chaque jour, contre 130 000 normalement, a précisé l’aéroport.

Tori Gass, de l’Autorité aéroportuaire du Grand Toronto, a précisé que le nombre de vols est passé d’une moyenne de 1300 par jour à environ 350.

« Il y a environ neuf compagnies aériennes de passagers en activité à Pearson, contre 67 compagnies aériennes auparavant », a précisé M. Gass.

Plusieurs transporteurs canadiens, comme Porter Airlines et Sunwing, ont complètement annulé leurs vols réguliers. Les plus gros transporteurs, comme Air Canada et WestJet, fonctionnent avec un nombre de passagers considérablement réduit, attendant avec tout le monde que la pandémie se dissipe. Il est peu probable que cela se produise rapidement.

« Nous prévoyons que la reprise sera de longue durée — elle sera plus rapide dans les grands aéroports centraux qu’ailleurs dans le système — et que le trafic de passagers en 2020 atteindra seulement environ 60 % de son niveau de 2019 », a indiqué M. Gooch.

Les aéroports du Canada génèrent environ 19 milliards pour l’économie du pays et emploient 194 000 personnes.