Alors que la Ville de Québec a annoncé qu’elle délivrerait des permis d’exploitation de terrasse à moindres coûts, Montréal n’a pas encore pris de décision à ce sujet. Si l’Association Restauration Québec (ARQ) demande aux instances municipales que l’occupation de l’espace public soit gratuite, certains commerçants remettent en question la possibilité que les gens puissent prendre cet été un repas et un verre à l’ombre d’une terrasse.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

« Il est encore trop tôt pour se prononcer à ce sujet », souligne Laurence Houde-Roy, attachée de presse du comité exécutif au cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en ce qui concerne la possibilité de réduire le coût des permis de terrasse. « Les prochaines indications du gouvernement du Québec en lien avec la levée ou non de la pause, le 4 mai, nous donneront de bonnes indications sur ce qui pourra être fait ou non, mais il est encore trop tôt pour le déterminer. » Le prix des permis de terrasse varie d’un arrondissement à l’autre. Selon le site internet de la Ville, le coût peut varier de quelques centaines de dollars jusqu’à 20 000 $.

Rappelons qu’en début de semaine, le maire de Québec, Régis Labeaume, a annoncé une série de mesures pour permettre à ses concitoyens de passer un été agréable, si la Santé publique décidait d’assouplir les règles de confinement. Parmi elles, la Ville prévoit délivrer des permis d’exploitation de terrasse à 50 $. Normalement, ils coûtent environ 3300 $.

« J’ai relayé la nouvelle [concernant Québec] au service de développement économique de la Ville de Montréal », a souligné François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ. Et dans un document envoyé au gouvernement provincial, jeudi, l’ARQ émet 28 recommandations pour permettre de relancer l’industrie. Parmi elles, on demande « d’accorder une gratuité pour l’occupation du domaine public en ce qui concerne les terrasses ».

« Peut-être que les terrasses ne marcheront pas beaucoup cet été avec les règles de distanciation », ajoute-t-il toutefois. Il rappelle que la superficie des terrasses, si elles ouvrent, sera, en contexte de pandémie, réduite de moitié.

Dans l’inconnu pour le moment

Kriss Naveteur, directrice générale de la Société de développement commerciale Rue Saint-Denis, affirme également que le plus grand des mystères entoure l’ouverture des terrasses cet été. « On est pas mal dans le flou », signale celle dont l’organisation représente 275 commerçants.

De son côté, Alexandre Besnard, président et cofondateur du groupe A5 Hospitality, qui exploite plusieurs restaurants et bars dans la région du Grand Montréal – tels que Jatoba (Quartier des affaires), Mme Bovary (Boucherville) et Westwood (Laval) – serait ravi d’ouvrir ses terrasses, mais ne se dit « pas certain » qu’il faille en faire une priorité. Il se questionne également sur le côté sécuritaire de la chose.

« Ouvrir avec les mesures de distanciation nous place devant une autre inconnue qui est celui de rendre les opérations rentables selon les mesures en place et d’être le premier à les tester, ajoute-t-il. Parfois, ne pas être le premier [à ouvrir] est un avantage. »