La demande d’électricité est en forte baisse dans les principaux marchés d’exportation d’Hydro-Québec, où l’activité commence à être paralysée par la crise du coronavirus.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

La demande est en baisse de 3 à 5 % en Nouvelle-Angleterre, et de 4 à 5 % à New York, confirme la porte-parole d’Hydro-Québec, Lynn St-Laurent. La société d’État assure toutefois que l’impact de cette baisse de la demande reste limitée « pour l’instant ».

« De manière générale, les volumes d’énergie que nous livrons dans nos marchés à cette période de l’année sont maintenus », a-t-elle précisé.

Les prix sont toutefois à la baisse et continuent de baisser. Sur le marché de la Nouvelle-Angleterre, qui achète la moitié de l’électricité exportée par le Québec, le prix de gros du kilowattheure dépassait à peine un cent pour les ventes en temps réel mercredi.

Avec ses stratégies de couverture, qui s’appliquent à la moitié de ses ventes à l’exportation, Hydro-Québec peut limiter l’impact de la baisse de la demande et des prix, affirme l’entreprise.

Comme ça a été le cas sur le marché québécois, l’hiver doux avait déjà réduit la demande américaine pour l’électricité québécoise. À plus long terme, Hydro-Québec s’attend à ce que la pandémie ait un impact sur ses exportations, mais se dit incapable d’estimer cet impact. « Il faudra voir comment le marché de l’énergie et l’économie en général, notamment la grande industrie, vont s’ajuster au nouveau contexte économique », précise Lynn St-Laurent.

En attendant de réussir à vendre son électricité avec des contrats à long terme, comme celui conclu avec le Massachusetts, ce qui lui assurerait des revenus stables, Hydro-Québec dépend du marché « spot », où les prix risquent de rester bas encore longtemps.

Sur le marché de l’énergie américain, le prix de l’électricité est dicté par le prix du gaz naturel et par la demande. Hydro-Québec fait valoir que la flexibilité de son réseau lui permet de stocker de l’énergie et de s’adapter aux aléas du marché « On maximise toutes les opportunités, mais il faut que la demande soit là », résume la porte-parole.

Les exportations génèrent près du tiers des profits d’Hydro-Québec, qui doit aussi composer avec une chute de ses revenus au Québec. Depuis deux semaines, la chute de l’activité économique au Québec a réduit les revenus prévus par la société d’État de 20 millions.