Le Bureau de la concurrence a remis vendredi son rapport d’analyse sur la transaction projetée entre Transat et Air Canada, laquelle « aura vraisemblablement pour effet d’empêcher ou de diminuer sensiblement la concurrence dans la vente de voyages aériens ou de forfaits vacances aux Canadiens », juge-t-il.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

« L’élimination de la rivalité entre ces entreprises de transport aérien entraînerait une augmentation des prix, une diminution des services et une réduction importante des voyages effectués par les Canadiens sur certains trajets où leurs réseaux actuels se chevauchent », écrit le Bureau dans un communiqué.

Un total de 83 trajets verraient des effets de la transaction, calcule l’organisme fédéral, soit 49 sur le marché transatlantique et 34 vers les destinations soleil. Air Canada et Transat sont les deux seuls transporteurs sur 22 de ces trajets.

L’analyse a été effectuée avant la pandémie actuelle de COVID-19.

« Le Bureau reconnaît que les conséquences de ces événements sur l’industrie aérienne canadienne semblent importantes à court terme, écrit-on. L’incidence finale de ces événements pourrait être pertinente quant au point de vue du Bureau sur la transaction proposée, mais il est impossible d’en connaître l’ampleur exacte et la durée pour le moment. »

Ce rapport n’a pas d’impact direct sur la réalisation de la transaction. Il sera acheminé à Transports Canada qui, en se basant sur différents rapports, dont celui-ci, produira son propre rapport le 2 mai prochain. Celui-ci ne sera pas rendu public. C’est le conseil des ministres qui rendra la décision finale.

La direction de Transat avait déjà signalé qu’elle s’attendait à ce que rapport soit négatif.

« De facto, ça va être une analyse des problèmes, sans se préoccuper des solutions ou des éléments de mitigation », avait prévenu la semaine dernière le vice-président aux ressources humaines et aux communications de Transat, Christophe Hennebelle. De facto, ça va être négatif. »