Tous les secteurs économiques sont profondément bouleversés par la pandémie de COVID-19, de l’aviation aux services financiers en passant par la restauration. Air Canada et Transat, notamment, sont sévèrement malmenées en Bourse. La Presse fait le point.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

André Dubuc André Dubuc
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Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
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Martin Vallières Martin Vallières
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Air Canada et Transat ont été malmenées en Bourse lundi, encore plus que leurs semblables américaines pourtant en situation financière plus précaire. Air Canada a d’ailleurs annoncé une réduction de 50 % de sa capacité au cours des prochains mois, alors que WestJet suspendra tous ses vols à l’extérieur du pays à compter de dimanche..

« La COVID-19 entraîne pour le secteur du transport aérien à l’échelle mondiale des défis sans précédent, aggravés par l’incertitude quant à l’ampleur de ses effets », a déclaré lundi dans un communiqué le président et chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu.

Pour affronter ce défi, Air Canada prévoit de diminuer de moitié, environ, le nombre de sièges offerts sur son réseau. La réduction sera encore plus importante, jusqu’à 75 %, sur les liaisons asiatiques.

Plusieurs autres transporteurs ont annoncé des réductions similaires, voire plus importantes encore. En Europe, Air France-KLM a annoncé une réduction « de 70 % à 90 % », Austrian Airlines a cloué tous ses avions au sol et Lufthansa veut réduire ses vols long-courriers de 90 %.

Air Canada espère aussi économiser 500 millions de dollars par l’entremise d’un programme de réduction de coûts et de report de dépenses en capital. Il s’agit d’une autre mauvaise nouvelle pour l’usine d’Airbus à Mirabel, puisque des livraisons d’appareils A220 prévues en 2020 font partie de ces dépenses qu’Air Canada aimerait reporter. L’américaine Delta avait annoncé la même intention la semaine dernière.

La baisse du prix du carburant, les économies liées à la réduction du nombre de vols et de possibles mises à pied devraient toutefois permettre à Air Canada de compenser environ la moitié de sa perte de revenus, a-t-elle indiqué.

L’action d’Air Canada a durement encaissé le coup, cédant 28 % à la Bourse de Toronto lundi. Son recul depuis le début de l’année s’établit maintenant à 62 %, plus que six des sept grands transporteurs américains cotés en Bourse.

L’association qui regroupe ces derniers a formulé lundi une demande d’aide de 50 milliards de dollars américains à son gouvernement fédéral, arguant que dans le pire des scénarios, les sept pourraient manquer de liquidités quelque part entre le 30 juin prochain et la fin de l’année.

Lors d’un point de presse en après-midi, le président Donald Trump a assuré qu’il appuierait ces transporteurs au besoin. Air Canada a elle aussi lancé un appel à l’aide dans son communiqué.

« Nous croyons savoir que le gouvernement des États-Unis et celui de nombreux pays européens tels que l’Allemagne, la France, l’Italie, la Norvège, entre autres, ont approuvé ou envisagent d’apporter une aide à leur secteur du transport aérien sous une forme ou sous une autre », y a déclaré M. Rovinescu.

Dans ces circonstances, nous pensons que le secteur canadien du transport aérien devrait également bénéficier d’une aide similaire, c’est-à-dire bénéficier d’un certain allègement des taxes, les redevances d’atterrissage et autres frais qui font partie du fardeau pour l’aviation au Canada, ou d’une autre aide jusqu’à ce que le secteur se stabilise.

Calin Rovinescu

Un scénario de manque de liquidités semble encore improbable pour Air Canada, du moins à court terme. En plus de liquidités d’environ 7,3 milliards, l’entreprise compte sur un fonds de pension en surplus, une bonne cote de crédit et 89 avions (25 % de sa capacité) libres de dettes, qui peuvent être remisés sans dommage ou offerts en garantie.

Un échec à court terme semble aussi peu probable pour Transat, dont les liquidités avoisinent les 700 millions de dollars.

« Tout le monde espère que le pire de la crise passe d’ici l’été et que quelque part au milieu de l’été ou à l’automne, on soit revenus à la normale », observe Mehran Ebrahimi, professeur à l’UQAM et directeur de l’Observatoire international de l’aéronautique et de l’aviation civile.

« Si c’est ça le scénario, il va y avoir des pertes et des coûts sévères, ça ne se fera pas sans douleur, mais la situation est vivable » pour les deux transporteurs, juge-t-il.

Transat décroche, WestJet suspend

Les marchés financiers ont pourtant été très sévères envers Transat, lundi. L’action de l’entreprise a cédé près de 42 %, terminant la journée à 6,50 $. Le plan d’arrangement avec Air Canada, qui pourrait se conclure dès l’été prochain s’il est approuvé par les autorités réglementaires, prévoit pourtant un paiement de 18 $ par action. Les marchés semblent donc escompter un échec du plan.

« Ce qui inquiète la direction d’Air Canada, ce n’est pas le prix de l’action de Transat, parce que c’est une transaction qui va être bénéfique à long terme. C’est le rapport du Bureau de la concurrence. »

Si la transaction devait être rejetée, la chute pourrait être lourde pour Transat, donc l’action se négociait à environ 5,50 $ avant que ne s’ébruite la possibilité d’une acquisition.

« La semaine passée, Flybe est tombée, en Europe, rappelle M. Ebrahimi. Ça montre que des entreprises de la taille de Transat ne sont pas à l’abri, qu’il n’y a rien de sûr. »

De son côté, WestJet a annoncé en fin de soirée la suspension de tous ses vols provenant des États-Unis ou d’autres pays à compter de dimanche soir, à minuit. Les vols quittant le Canada seront quant à eux interrompus dès mercredi. Le volume des vols domestiques sera quant à lui réduit de moitié.

Après dimanche, « nous allons opérer des vols de sauvetage et de rapatriement en partenariat avec le gouvernement canadien », a aussi annoncé WestJet.

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

« Il s’agit d’une situation sans précédent, à laquelle nous devons tous faire face. Celle-ci nous amène à prendre des décisions difficiles, mais nécessaires pour contribuer à freiner la propagation de la COVID-19 », a déclaré Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins.

Les entreprises réduisent leur offre de services

Institutions financières, transporteurs ferroviaires et autres entreprises ont annoncé lundi qu’elles réduisaient leurs services en réaction à la crise.

À compter du mercredi 18 mars, le Mouvement Desjardins gardera ouverts seulement 349 points de service sur les 872 habituels répartis sur l’ensemble du territoire du Québec et de l’Ontario. Plus de 520 points de service seront donc fermés. La liste complète des points de service de Desjardins qui seront accessibles sera diffusée dès ce mardi sur le site internet de Desjardins.

« Il s’agit d’une situation sans précédent, à laquelle nous devons tous faire face. Celle-ci nous amène à prendre des décisions difficiles, mais nécessaires pour contribuer à freiner la propagation de la COVID-19 », a déclaré Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins.

Les membres et clients continueront d’avoir accès aux 1689 guichets automatiques de Desjardins, au service téléphonique de 6 h à minuit 7 jours sur 7, ainsi qu’à ses services AccèsD internet, téléphone et mobile. Les guichets automatiques continueront d’être approvisionnés comme à l’habitude et aucune pénurie d’argent liquide n’est actuellement envisagée.

VIA Rail : moins de départs pour Toronto

Compte tenu de la baisse d’achalandage des dernières semaines combinée à la nécessité de mieux déployer les ressources et les employés pour répondre de manière efficace à la pandémie, à compter du mardi 17 mars, les services seront réduits de moitié dans le corridor Québec-Windsor.

Les services régionaux, comme le train Senneterre-Jonquière, continuent leurs activités sans changement à leur horaire habituel.

Hydro-Québec : hausse de la consommation et moratoire sur les interruptions

« On a constaté une augmentation de la consommation, mais on n’est pas encore en mesure de la chiffrer », a indiqué un porte-parole de la société d’État, Cendrix Bouchard.

Il a expliqué que la courbe de consommation avait changé et que la pointe habituelle du matin continuait plus tard dans la journée. La hausse de la consommation résidentielle sera peut-être suivie d’une baisse de la consommation dans les bureaux et les usines, mais il est encore trop tôt pour le savoir, selon la société d’État.

Par ailleurs, Hydro-Québec a fait savoir que les clients en difficultés financières qui ne pourront pas payer leurs factures d’électricité ne seront pas débranchés « jusqu’à nouvel ordre ». La société d’État ne coupe pas l’électricité aux clients qui ont des comptes en souffrance entre le 1er décembre et le 1er avril. Ce moratoire est donc prolongé pour une période indéterminée.

Comme nombre de ses clients travaillent de la maison, Hydro-Québec a décidé de suspendre les interruptions planifiées pour l’entretien de ses installations, à moins que des interventions soient absolument nécessaires.

MTY : aux gouvernements d’agir

Groupe d’alimentation MTY, franchiseur de restaurants dont l’action a perdu plus de 60 % de sa valeur depuis son sommet des 52 dernières semaines, a décidé de reporter la perception des redevances de ses franchises d’un mois à compter du mardi 17 mars 2020.

« Nous sommes conscients de l’impact global que la diminution du trafic a sur nos restaurants et de la nécessité de soutenir nos franchisés pendant cette période difficile. Le montant total des redevances devrait se situer entre 15 et 18 millions de dollars », a indiqué, dans un communiqué, Eric Lefebvre, président-directeur général de MTY. « Nous espérons que les gouvernements, bailleurs et autres partenaires feront également leur part. » MTY perdait 11,02 $ à la mi-journée ou 30 % de sa valeur vendredi à la clôture.

La Laurentienne

La banque invite sa clientèle à utiliser les services mobiles ou en ligne. Pour l’instant, les succursales restent ouvertes. « Si vous rencontrez des difficultés financières directement reliées à la COVID-19, veuillez nous contacter afin que nous puissions vous aider à trouver une solution », conseille l’institution financière, qui a constitué un groupe de travail pour suivre la situation.

Internet illimité sans frais additionnels

Dans les services de télécommunications, deux autres fournisseurs, Bell et Distributel, rendent le forfait internet illimité pour aider les travailleurs à se mettre au télétravail. « Aucuns frais d’utilisation excédentaires ne seront facturés aux clients internet résidentiels jusqu’au 30 avril. Cette mesure sera appliquée automatiquement. Aucune action n’est requise de la part de nos clients », annonce Bell.

Autre fournisseur, Distributel suspend tous les plafonds de données pour les clients du service internet résidentiel pendant au moins trois mois. « Les gens ne devraient pas avoir à s’inquiéter des frais de dépassement de données en ce moment », dit Matt Stein, PDG de Distributel Communications, dans un communiqué.

— avec Hélène Baril, La Presse, et La Presse canadienne

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Avec les restaurants désertés par les clients, les services de livraison et les entreprises de plats cuisinés ou de boîtes de repas à préparer font face à une plus grande demande.

Place à la livraison à domicile

Les amateurs de poulet St-Hubert ou de beignes au chocolat de chez Tim Hortons devront désormais déguster leurs mets favoris à la maison puisque les deux chaînes ont fermé leurs salles à manger. Avec les restaurants désertés par les clients, les services de livraison et les entreprises de plats cuisinés ou de boîtes de repas à préparer font face à une plus grande demande.

« Avec l’annonce demandant aux restaurants d’opérer à 50 % de leur capacité, on a vu une courbe d’augmentation assez forte, affirme Étienne Plourde, président de We Cook, une entreprise de préparation et de livraison de repas cuisinés partout à travers le Québec. On prévoit un volume beaucoup plus élevé pour les semaines à venir. »

Dimanche, jour où le premier ministre du Québec, François Legault, a ordonné la fermeture des bars et demandé aux restaurants de diminuer de moitié leur capacité d’accueil, We Cook a enregistré une augmentation de 20 % de ses commandes par rapport au dimanche précédent. L’entreprise, qui compte actuellement 15 000 clients, livre plusieurs milliers de repas quotidiennement.

On a beaucoup plus de gens cloîtrés à la maison, malheureusement. On est prêts à recevoir le volume d’augmentation.

Étienne Plourde

Marché Goodfood, qui livre des boîtes de repas à préparer à la grandeur du pays, connaît également un regain de popularité dans un contexte où les gens limitent leurs sorties. Dans une infolettre envoyée à ses membres, l’entreprise offre même des rabais pouvant aller jusqu’à 75 %. « On voit une forte augmentation de nouveaux clients et on voit que nos clients habituels achètent plus que d’habitude », souligne Jonathan Ferrari, président du conseil d’administration et chef de la direction de Marché Goodfood. « On s’attend à ce que ça continue au cours des prochaines semaines. On a acheté de l’inventaire additionnel [pour faire face à la demande]. »

Uber Eats, qui livre à domicile des repas de différents types de restaurants, a, quant à elle, décidé de ne plus exiger de frais de livraison (3,99 $) aux clients qui commanderont leurs repas dans des établissements indépendants, a fait savoir l’entreprise dans un communiqué diffusé pour son site en début de semaine. Uber Eats s’est également engagée à livrer 300 000 repas gratuits aux travailleurs de la santé du Canada et des États-Unis. Il a par ailleurs été impossible de parler à un représentant de la société pour savoir si les livraisons étaient en croissance et pour connaître le nombre de restaurants touchés par cette mesure.

Du Jérôme Ferrer et des produits de l’érable chez soi

Par ailleurs, bien que le gouvernement Legault n’ait pas ordonné la fermeture totale des restaurants, plusieurs établissements sont boudés par les clients. Convaincu qu’il devra suspendre temporairement ses activités d’ici deux ou trois jours, Jérôme Ferrer, chef propriétaire du Restaurant Jérôme Ferrer – Europea, a élaboré avec son équipe un menu, destiné aux livraisons, mis en ligne lundi soir. « Ça permettra à toutes mes équipes de cuisine de rester à l’œuvre et de continuer à encourager les petits producteurs », dit-il. Son restaurant compte une centaine d’employés.

« [En ces temps difficiles], le seul luxe qui va nous rester, c’est peut-être de bien manger. »

Du côté du Domaine Labranche, fortement ébranlé par la décision gouvernementale de fermer les cabanes à sucre, on a également décidé d’offrir un service de commandes pour emporter : fèves au lard, jambon, sirop d’érable… La cabane à sucre située à Saint-Isidore, en Montérégie, aura également deux points de chute dans la région pour répondre aux besoins des clients.

Les employés de la SAQ demandent la fermeture des succursales

Inquiet pour la santé de ses membres, le Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB SAQ) réclame la fermeture des succursales. Dans une vidéo diffusée sur la page Facebook du Syndicat, la présidente, Katia Lelièvre, affirme avoir remis « un document à l’employeur dans lequel [la] première recommandation était de fermer le réseau des succursales » pour s’assurer de protéger les travailleurs. Mme Lelièvre a refusé nos demandes d’entrevue lundi. Du côté de la SAQ, la porte-parole Linda Bouchard affirme que des « mesures supplémentaires » ont été mises en place pour protéger le personnel. On a notamment mis fin aux dégustations. Les employés doivent également se laver les mains toutes les 30 minutes. En ce qui concerne la fermeture des succursales, Mme Bouchard mentionne qu’elles demeurent ouvertes pour le moment. Elle assure que la société d’État est en contact constant avec les autorités gouvernementales. — Nathaëlle Morissette, La Presse

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

À la haute direction de la Caisse de dépôt et placement, on indique à La Presse que le président et chef de la direction, Charles Émond, « a accepté de cosigner une lettre avec ses pairs chez d’autres grandes institutions financières afin de contribuer à l’effort collectif dans la lutte à cette pandémie de la COVID-19 ».

Les grandes entreprises se mobilisent

Dans une lettre ouverte diffusée lundi, une trentaine de présidents de grandes entreprises canadiennes exhortent leurs vis-à-vis dans tous les milieux d’affaires à faire de la lutte contre la contagion du coronavirus leur « seul et unique objectif » jusqu’à ce que la crise s’atténue.

Dans cet appel à la mobilisation lancé à l’initiative du « Conseil canadien des affaires », qui est l’équivalent pancanadien du Conseil du patronat au Québec, on lit notamment que « les organisations et les employeurs que nous représentons doivent vigoureusement livrer concurrence chaque jour. Aujourd’hui, nous sommes unis pour lutter ensemble contre la COVID-19 ».

« Nous encourageons fortement tous les leaders du pays à se concentrer immédiatement sur un seul et même objectif : ralentir le rythme de la transmission de ce coronavirus. »

Et même si « cette lutte aura un impact économique significatif sur les entreprises à court terme, elle est essentielle pour traverser cette tempête et accélérer la reprise », dit la lettre.

Plusieurs signataires

Dans la liste des signataires de la lettre, qui s’allonge d’heure en heure depuis lundi matin, on notait en fin de journée lundi quelques très hauts dirigeants d’entreprises d’envergure installées au Québec, qui emploient en tout des dizaines de milliers de personnes au Canada et gèrent quelques centaines de milliards de dollars en valeur d’actifs financiers et d’affaires.

Parmi eux, Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale, Charles Émond, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement, ainsi que Neil Cunningham, président et chef de la direction d’Investissements PSP et Paul Desmarais III, vice-président principal chez Power Corporation.

Au bureau de la présidence de la Banque Nationale, on indique à La Presse que Louis Vachon a signé cette lettre de mobilisation de Canada inc. contre l’épidémie du coronavirus « parce qu’il juge, comme ses pairs, que l’enjeu sanitaire doit mobiliser toute l’attention des gens d’affaires ».

Entre-temps, à la Banque Nationale, M. Vachon et son équipe se concentrent entièrement à assurer la santé et la sécurité des employés et des clients.

Nous avons une série de mesures, tant sanitaires que d’affaires, en place. Nous accompagnons les clients qui nous manifestent des besoins. L’arrimage avec les politiques gouvernementales se fait en continu.

La Banque Nationale

À la haute direction de la Caisse de dépôt et placement, on indique à La Presse que le président et chef de la direction, Charles Émond, « a accepté de cosigner une lettre avec ses pairs chez d’autres grandes institutions financières afin de contribuer à l’effort collectif dans la lutte à cette pandémie de la COVID-19 ».

« Dans ce contexte exceptionnel, tous doivent “mettre l’épaule à la roue” et ne ménager aucun effort, comme l’ont d’ailleurs fait la Caisse et d’autres organisations en agissant rapidement et en adoptant des mesures adaptées aux circonstances. Nous souhaitons par cette lettre influencer les entreprises et les autres organisations à emboîter le pas et à agir conformément à l’urgence de la situation », a-t-on indiqué à La Presse.

Engagements d’employeurs

En signant cette lettre de mobilisation dans la lutte contre la COVID-19, ces hauts dirigeants de Canada inc. adhèrent aussi au constat que « les gouvernements d’un bout à l’autre du pays ont agi, mais ces mesures ne seront efficaces que si tous les employeurs y adhèrent et apportent leur contribution pour protéger la santé et le bien-être de la nation ».

Quant aux efforts dans les entreprises qu’ils dirigent, les signataires de la lettre affirment « avoir pris d’importantes mesures » et ils encouragent les « autres organisations à faire de même ».

Parmi ces mesures, on signale en particulier : 

Recommandez fortement à vos employés d’interrompre tout voyage non essentiel, que ce soit pour des raisons personnelles ou commerciales.

Permettez à vos employés de mettre en pratique l’éloignement social. Facilitez le télétravail. Travaillez avec le gouvernement afin que les travailleurs bénéficient de congés de maladie. Annulez tous les évènements ou toutes les réunions en personne.

Maintenez les services essentiels aux Canadiens. De concert avec le gouvernement, élaborez des directives claires pour protéger la santé des employés qui fournissent ces services essentiels.

Comprenez que vos employés s’attendent à ce que vous fassiez preuve de leadership et que vous leur communiquiez des informations dignes de confiance en période mouvementée.