« Odieuse », « discriminatoire », « sournoise ». Le chef bloquiste Yves-François Blanchet ne mâche pas ses mots pour critiquer la politique du gouvernement fédéral en matière d’immigration étudiante francophone au Québec.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

« Le fédéral oblige des institutions d’enseignement supérieur québécoises, que ce soit les universités ou les cégeps […], à se plier à la colonisation fédérale, à s’angliciser, pour des raisons financières », dénonce-t-il en entrevue avec La Presse.

Le chef confie avoir été « vraiment fâché » d’apprendre qu’Ottawa rejette une quantité disproportionnée de demandes émanant de locuteurs francophones qui jettent leur dévolu sur les établissements du Québec par rapport à ailleurs dans le reste du pays.

« Québec les reçoit, Québec les accepte, les universités et les cégeps les acceptent, puis le fédéral dit non. J’ai trouvé ça odieux », lance Yves-François Blanchet à l’autre bout du fil en réaction à un article publié lundi matin dans La Presse.

Il brandit comme preuves de ses craintes d’anglicisation le campus anglophone du cégep de la Gaspésie à Montréal, le projet de cégep bilingue à Vaudreuil-Dorion, rapporté par Le Devoir, et l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

« Sans les étudiants étrangers, l’UQTR ne pourrait pas fonctionner », insiste-t-il.

« Il n’y a pas de plus belle immigration que l’immigration étudiante, dont un nombre important vont choisir le Québec, vont fonder une famille au Québec et vont souvent s’installer en région », enchaîne le leader du Bloc québécois.

« C’est de la discrimination »

Le Québec est notamment pénalisé par le refus du gouvernement canadien d’ouvrir les portes aux étudiants francophones en provenance d’Afrique. L’un des motifs évoqués ? Le demandeur n’a pas prouvé qu’il avait assez d’argent pour subvenir à ses besoins.

« C’est de la discrimination, et j’utilise le mot sans aucune hésitation. Nous discriminons les étudiants francophones africains », martèle Yves-François Blanchet, plaidant que « le principal bassin où le Québec peut recruter des étudiants est en Afrique ».

Et la précarité financière desdits candidats n’est pas une justification valable, argue-t-il.

« Le Canada accueille des gens qui n’ont pas d’argent comme réfugiés. Là, il va dire à des étudiants dont il n’est pas certain du potentiel financier qu’ils ne peuvent pas venir au Québec ? C’est deux poids, deux mesures, sur une base totalement idéologique », dit-il.

Et le chef bloquiste assure qu’il « ne se gênera pas » pour soulever la question auprès du gouvernement du Québec. Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, n’a pas réagi au reportage publié lundi.