De plus en plus petit. L’univers des boutiques de modélisme se réduit comme peau de chagrin, sous le choc de l’internet et du réalisme virtuel. Mais quelques irréductibles passionnés résistent encore. 

Marc Tison Marc Tison
La Presse

Le train – cette technologie bicentenaire – ne fait plus rêver les jeunes. Les modèles réduits non plus. Ils préfèrent les univers virtuels à la miniaturisation du réel.

Ceux qui s’accrochent s’approvisionnent sur l’internet.

Bref, les boutiques de modélisme – hobby shops, dans la langue vernaculaire – disparaissent les unes après les autres. Même Udisco, le temple du modélisme.

Udisco a longtemps été le plus grand magasin de modélisme de la région de Montréal. « Du Canada ! », corrige Lyon Kunin, seul propriétaire de l’entreprise depuis le décès de son frère, en 2015.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Udisco, qui a longtemps été le plus grand magasin de modélisme de la région de Montréal, s’ajoutera bientôt à la nécrologie des commerces de modélisme défunts.

Il ferme lentement boutique. Udisco s’ajoutera bientôt à la nécrologie des commerces de modélisme défunts.

« Il en reste quelques-uns, peut-être quatre ou cinq dans la région montréalaise, alors qu’il y en avait peut-être une vingtaine ! », observe le commerçant.

De 23 employés à son zénith, le célèbre magasin du boulevard Décarie n’en compte plus que deux : Lyon et son neveu.

Sa notoriété est confirmée par le jeune homme qui, au comptoir, achète un modèle de voiture à coller et une bombe de peinture en aérosol. « C’est la seule place que je connais, explique Hrair Tarpinian. Mon père m’amenait ici quand j’étais jeune. »

Udisco a pignon sur boulevard depuis 1942. D’abord grossiste en quincaillerie, la famille Kunin s’est intéressée aux passe-temps et modèles réduits en 1954, pour s’y consacrer exclusivement à partir de 1966.

Encombré, le magasin marque son âge, avec ses tablettes décaties et ses panneaux perforés d’une autre époque.

Dans une sombre arrière-boutique qui s’apparente davantage à un entrepôt, les modèles réduits et les pièces détachées pour véhicules téléguidés de tous types s’empilent sur des étagères qui s’élèvent jusqu’au plafond, rangée après rangée.

Le magasin a occupé jusqu’à 60 000 pi2, mais le second étage a été vidé de son train électrique de démonstration et des rayons où s’empilaient encore des milliers de boîtes.

Un peu triste…

« On a eu plusieurs problèmes, explique Lyon Kunin. L’un de ceux-là, c’est la circulation sur Décarie. Nos clients ne peuvent pas se rendre jusqu’ici. Il y a toujours de la construction et des réparations. »

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Lyon Kunin

Il y a un autre problème : il y a beaucoup de gens qui viennent ici, qui demandent à voir ci ou ça, et qui retournent chez eux pour l’acheter sur Amazon ou eBay. Et quand ça ne fonctionne plus, ils reviennent ici pour qu’on fasse la réparation.

Lyon Kunin, propriétaire d’Udisco

Mais dans le petit local où ses techniciens faisaient les réparations des télécommandes et véhicules téléguidés, l’équipement électronique accumule la poussière.

Lyon Kunin ne veut plus réparer les modèles téléguidés, pour lesquels il faut tenir en stock des milliers de pièces de rechange, presque aussitôt désuètes.

« L’autre chose, c’est que j’ai 76 ans et que je veux prendre ma retraite. »

Ses enfants ne souhaitent pas prendre la relève. Il a tenté de vendre son commerce, mais « personne voulait racheter », déplore-t-il. « Beaucoup de gens avec des idées de grandeur, mais pas d’argent. »

Il prévoit fermer définitivement lorsque l’édifice sera vendu.

« Ça va nous prendre encore au moins six mois pour liquider notre stock », pronostique-t-il.

Bien que les rangs des modélistes se soient éclaircis, quelques irréductibles persistent tout de même.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Un autre client, en provenance des Basses-Laurentides, a profité d’un déplacement d’affaires à Montréal pour faire un détour par la boutique.

Au comptoir, il achète un double aiguillage pour son train électrique, dont il essaie de réduire l’emprise dans son sous-sol, à la demande de sa conjointe. La pièce coûte 83 $.

« Sur Amazon, il n’y a rien en bas de 100 $, commente-t-il. Je savais que j’en trouverais un ici », justifiant la survie des dinosaures commerciaux.

Il montre fièrement des photos de son réseau sur son cellulaire, puis fait une pressante requête : 

« Mettez pas mon nom ! Si ma femme sait que je suis ici, ça va faire une chicane ! »

Le survivant

En effet, la boutique de modélisme est une spécialité en voie d’extinction.

« On est les derniers qui restent », constate lui aussi Paul Crépin, un des trois cofondateurs du magasin Hobby Jonction Express, rue Cardinal, à Dorval.

La petite boutique, dans un minuscule centre commercial, vend des trains lilliputiens.

D’entrée de jeu et en guise d’explication, Paul Crépin dénonce la taxe d’affaires de 5000 $ qu’il vient d’acquitter.

« Je fais une piastre sur une bouteille de peinture. Les 5000 premières bouteilles de peinture qui sortent du magasin, c’est juste pour payer la taxe d’affaires ! »

Les distributeurs sur l’internet « qui opèrent un entrepôt dans le fin fond du Pakistan » n’ont pas à payer cette taxe. Ou toute autre.

Cependant, les bouteilles de peinture ne peuvent pas être expédiées par la poste, souligne-il.

Quand on sera tous fermés, ceux qui commandent sur internet, il va falloir qu’ils aillent chez Jean Coutu pour peinturer leurs modèles avec du vernis à ongles.

Paul Crépin, copropriétaire de Hobby Jonction Express

Hobby Jonction Express existe et persiste depuis 28 ans.

Une résurgence du passé ? On pourrait le croire quand on lui demande s’il peut nous laisser son adresse internet.

« Non, nous autres, on a une nouvelle invention, ça s’appelle un téléphone. »

Inutile de préciser que le magasin n’a pas de site internet.

La moitié de la boutique est occupée par des boîtes de modèles à coller, principalement des voitures, des véhicules militaires et des avions. L’autre moitié se consacre aux trains.

Dans une vitrine fermée à clé, des boîtes de locomotives électriques s’empilent, pour la plupart en livrées de compagnies ferroviaires canadiennes. Le magasin est dépositaire de la marque canadienne Rapido Trains. On parle ici de qualité. Une locomotive aux couleurs de CP s’affiche à 359,95 $.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Les locomotives diésels sont savamment salies pour reproduire l’usure et les traînées d’huile. Les wagons montrent des traces de rouille. « C’est une autre spécialité ! », décrit Paul Trudel.

Hélas, les affaires empruntent la même trajectoire que le transport ferroviaire de passagers depuis les années 50.

« Ça a beaucoup baissé, reconnaît Paul Crépin. Parce que du hobby, les jeunes ne font plus ça. Les gars avec des cheveux blancs ou gris finissent par mourir. Mais il y encore des jeunes qui embarquent. À un moment donné, ils se tannent de se faire dire qu’ils ne se font pas aimer sur internet. »

Les prix ne sont pas réduits

Le prix croissant des modèles réduits faits en Chine ne facilite pas le commerce.

À titre d’exemple, Paul Crépin montre un avion P38 Lightning de la Seconde Guerre mondiale, à l’échelle 1/48. « C’est le dernier sorti. Mais pour un avion à coller, c’est quand même 94 $. »

Les blindés qui se vendaient 35 $ ou 40 $ coûtent maintenant de 80 $ à 100 $.

Tous ces facteurs expliquent pourquoi les ventes sont en régression depuis quelques années.

« Mais là, ça remonte, nuance Paul Crépin, parce que je suis quasiment le dernier qui reste. »

Et lui, pourquoi est-il toujours là ? « J’aime mener ça comme un magasin de fruits et légumes », répond-il.

C’est le secret pour survivre dans ce domaine : mieux vaut un commerçant par ailleurs amateur de modélisme qu’un modéliste passionné qui se fait commerçant amateur.

Ce qui, malheureusement, ne change rien à l’attrition des modélistes.

« Vous n’êtes pas inquiet ?

J’ai 63 ans, mon argent est fait, je suis le dernier qui reste. Je ne suis pas inquiet de rien. »

Combien ça coûte ?

Une locomotive de marque Rapido Trains, échelle HO, récepteur et haut-parleur intégrés : 359,95 $
Une section de rail de 3 pi : 6,95 $
Une section de liège de 3 pi pour simuler la caillasse : 1,99 $
Un aiguillage : 32 $
Une maison de campagne à assembler et peindre : 46 $
Un sac de 25 arbres : 48 $
Un sous-marin à coller U-Boot Type 1X à l’échelle 1/72 : 136 $
Un camion Caterpillar en métal moulé, à l’échelle 1/50, série limitée de 2000 unités : 350 $

Les magiciens du rail

Investissements massifs. Travaux d’infrastructure. Développement technologique. Respect du patrimoine bâti. Le modélisme ferroviaire peut être aussi sérieux et exigeant que le véritable rail.

Un voyage à bord du Chemin de fer Montréal Vermont & Essex

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Le réseau est à l’échelle HO, soit 1/87. Pierre Dion est le concepteur et l’artisan de la plus grande partie du décor.

Claude St-Charles, membre du club, nous avait prévenu : « Beaucoup de gens ont une fausse idée des trains miniatures. Ils imaginent un train autour du sapin de Noël. C’est à une autre échelle. »

En effet.

Il y avait bien un sapin décoré, dans le vaste local du club de modélistes ferroviaires Chemin de fer Montréal Vermont & Essex, mais leur train électrique n’en faisait pas le tour.

Et pour ce qui concerne l’échelle, on parle ici de réseau, sans fausse modestie.

Se déployant à travers une douzaine de dioramas étonnants de réalisme, il occupe 40 % du local d’une superficie de 5000 pi2.

Incluant les cours de triage et les voies d’évitement, il compte 585 m de voies, à l’échelle.

En grandeur nature, les rails s’allongeraient sur 50 km.

Le club

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

En ce lundi soir de fin novembre, Gilles Mallet, un des membres fondateurs, est aux fourneaux. « Tu es chanceux, aujourd’hui, tu as le meilleur cuisinier », lance le président Paul Trudel.

Fondé il y a 21 ans, le club comptait à l’origine six membres.

Ils sont maintenant une douzaine de passionnés, qui se rencontrent tous les lundis soir dans le local situé au sous-sol d’un édifice à usage résidentiel et commercial, rue Bélanger, dans l’est de Montréal.

Les lieux eux-mêmes sont aménagés avec un soin d’ébéniste.

« Nous sommes l’exception des clubs de trains, indique son président Paul Trudel. Règle générale, c’est des sous-sols sombres et humides. Ici, on a mis l’accent autant sur le contenu que le contenant. »

Une cuisine parfaitement équipée est bordée d’une longue table à manger de réfectoire. Les suspensions qui l’éclairent proviennent de la gare Windsor. La magnifique applique Art déco en inox qui orne une colonne a été retirée d’un ancien wagon-lit du CN.

Les membres s’y relaient pour préparer le souper hebdomadaire du groupe.

Hélas, la relève se tarit. « Il n’y a pas beaucoup de jeunes. Ils préfèrent être devant leurs écrans », constate Claude St-Charles.

À 43 ans, le président Gilles Trudel est le benjamin. Le doyen, Gilles Mallet, est né en 1944, alors que la vapeur dominait encore le réseau ferroviaire canadien.

Le réseau

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

L’ancienne cour Glen de Montréal est en cours de réalisation. Le carrousel rotatif, qui dessert 18 voies, pivote réellement.

Quelques dioramas reproduisent de petites localités du Vermont, dans leurs atours des années 50 – St. Albans, Bellows Falls, Essex. « La gare, le centre-ville, la rue, c’est exactement comme à l’époque », expose Paul Trudel.

Dans une autre section du local, c’est le contexte ferroviaire montréalais des années 50 qui fait l’objet de la scrupuleuse minutie de nos micro-ferrovipathes.

Dans un décor en cours de conception, la gare Windsor, toute blanche, se dresse comme un fantôme.

Ses façades, non encore peintes, ont été imprimées en 3D pour reproduire les plus fins détails d’embrasures et de parement. « On a réussi à retrouver les mesures exactes des archives du CP », indique Trudel.

Pour atteindre ce degré de détails et de raffinement, les talents et les expertises se sont conjugués depuis 20 ans.

« Moi, je suis ingénieur en structures, spécialisé en ponts », informe François Charbonneau.

Une de ses œuvres est la lente courbe d’un long viaduc en treillis, finement ouvragé. « Ça a pris six mois pour aligner ça », indique l’ingénieur.

« Montre-lui ton pont tournant ! lance Paul Trudel. De toute beauté ! »

En effet, le pont tournant, franchissant un canal, pivote avec une majestueuse lenteur.

Les locomotives sont contrôlées par Wi-Fi. Devant chaque diorama, un panneau illustre le diagramme de cette section du réseau, où les aiguillages sont marqués d’un témoin lumineux. Ils sont l’œuvre d’André Boisvert, ingénieur en électricité.

« C’est le hobby de l’électronique dans le hobby du train miniature », commente-t-il.

Des joyaux roulants

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

« Chaque locomotive a son petit haut-parleur et son décodeur, et le son qu’on entend, c’est le son spécifique de tel modèle de locomotive, indique Trudel. C’est maniaque. »

Même à l’arrêt, une locomotive ne cesse pas de jouer son rôle dans cette représentation théâtrale en miniature. « Le moteur est arrêté, mais on entend les cliquetis de l’air des freins qui sont purgés. Ça va très loin, l’informatique, là-dedans. »

Les coûts se rendent très loin, eux aussi. Les locomotives en plastique moulé par injection de l’entreprise ontarienne Rapido Trains, réputée pour le réalisme et l’exactitude historique de son matériel roulant canadien, peuvent atteindre 350 $ pièce.

Rod Stewart était là

Un graphiste de profession, membre lui aussi, a dessiné l’élégant logo qui orne la chemise grise officielle du club. Car le modélisme ferroviaire est un passe-temps sérieux.

« Tu ris, mais Rod Stewart, c’est un modéliste ferroviaire », lance une voix, au milieu des membres qui se regroupent pour la photo.

« C’était sur lapresse.ca la semaine passée », confirme un autre, dans le joyeux tumulte.

« Il est venu dans le magasin, ici ! ajoute un troisième. Ils ont fait sortir tous les clients, il est entré, ils ont fermé la porte en arrière, puis il a magasiné. »

Pas de terminus

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

La petite boutique de modélisme ferroviaire du club, tenue bénévolement par deux membres

Le matériel roulant est directement acquis pas les membres, mais Montréal Vermont & Essex a investi plus de 100 000 $ dans son réseau et l’aménagement de son local.

Le club se finance avec une cotisation mensuelle de 60 $, les séances d’opération payantes offertes aux amateurs et les frais d’entrée lors des journées portes ouvertes.

La petite boutique de modélisme ferroviaire du club, tenue bénévolement par deux membres, ajoute encore aux revenus.

Car l’amélioration des coûteux décors se poursuit inlassablement.

« Ce n’est jamais fini, prononce Pierre Lambert, qui gère la boutique. Si c’était fini, on n’aurait plus de plaisir. »

Une visite ?

Chemin de fer Montréal Vermont & Essex ouvre au public les portes de son club le 28 décembre de 10 h à 16 h. Prix d’entrée : 10 $ ; gratuit pour les enfants de 12 ans et moins. 5356, rue Bélanger, entrée sur la 43e Avenue.

Le Chemin de fer Montréal Vermont & Essex en chiffres

Longueur des voies : 1920 pi (585 m)
Wagons et voitures : 450
Locomotives en circulation : 30
Aiguillages contrôlés électroniquement : 172
Convois simultanés durant une session d’opération : 10

Le commerce de (fins) détails

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

La production du petit fabricant canadien Rapido Trains a triplé depuis qu’il a étendu son réseau sur le marché américain.

Le modélisme ferroviaire est en perte de vitesse ? Rapido Trains accélère, plutôt.

La production du petit fabricant canadien a triplé depuis qu’il a étendu son réseau sur le marché américain.

Chez Hobby Jonction Express, elles sont rangées sous clé dans une vitrine. Le club Montréal Vermont & Essex traite les siennes avec des soins d’horloger.

Les locomotives miniatures de l’entreprise canadienne Rapido Trains sont de petits bijoux de précision.

PHOTO FOURNIE PAR RAPIDO TRAINS 

À l’échelle HO, une locomotive de 53 pi ne mesure plus que 7 po.

À l’échelle HO, une locomotive de 16 m ne mesure plus que 18,5 cm, mais les détails sont si fins qu’une photo en gros plan donne l’impression qu’il s’agit d’une vraie.

Fondée en 2003, Rapido Trains s’est vouée dès le départ à la reproduction d’engins canadiens délaissés par les grands fabricants existants.

« Personne ne fabriquait de reproduction fidèle et de haute qualité du matériel ferroviaire canadien », explique Jordan Smith, gérant de l’entrepôt et préposé au service à la clientèle.

Modèle après modèle, elle s’est fait une réputation de réalisme maniaque.

« Les couleurs et même les fins détails sont basés sur de vraies locomotives », assure Jordan Smith.

Pour atteindre un tel degré de précision, les employés de Rapido Trains – tous modélistes, assure-t-il – consultent les photos et documents d’époque et font appel aux experts et historiens.

Ils se réfèrent aux dessins techniques d’origine lorsqu’ils sont disponibles ou recourent à la numérisation 3D des véritables machines.

PHOTO FOURNIE PAR RAPIDO TRAINS

Pour reproduire la locomotive Royal Hudson, construite à Montréal, Rapido Trains a obtenu des copies des dessins originaux de CP.

Lointaine fabrication, courtes séries

Rapido Trains emploie une quinzaine de personnes au Canada.

Ses locomotives et wagons, en plastique moulé par injection, sont fabriqués en Chine, « comme presque tout dans notre industrie », informe Jordan Smith.

Une locomotive pourra être fabriquée à 3000 ou 4000 exemplaires, déclinés en une douzaine de livrées de compagnies ferroviaires.

Un modèle peint aux couleurs de la Chicago and North Western, par exemple, pourrait donc n’être produit qu’à 200 ou 300 exemplaires, ce qui justifie un prix pouvant atteindre 350 $ pour une locomotive diésel et 800 $ pour un engin à vapeur.

Vers le marché américain

PHOTO FOURNIE PAR RAPIDO TRAINS

Le modèle réduit de la locomotive Royal Hudson, déposé sur la bielle de la véritable machine.

Au milieu des années 2010, Rapido Trains s’est infiltrée sur le marché américain haut de gamme. « Ça a très bien marché, se réjouit Jordan Smith. Nous avons triplé de taille depuis trois ou quatre ans. Nous ne faisions que trois ou quatre modèles par année et nous en fabriquons maintenant 10 à 15. »

Même si le marché se déplace sur l’internet, « 90 % de nos ventes se font encore par l’intermédiaire des boutiques », souligne-t-il.

Il reconnaît tout de même que les boutiques de modélisme sont en régression. « Il y avait probablement 15 ou 20 magasins à Toronto. Et maintenant, il n’en reste qu’un ou deux dans la ville elle-même. »

Rien pour faire dérailler l’entreprise, cependant. L’Amérique est vaste.