Hydro-Québec participera activement au débat public dans l’État du Maine si les opposants réussissent comme prévu à forcer la tenue d’un référendum sur son projet de ligne de transport.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

La société a déjà formé un comité baptisé « Hydro-Quebec Maine Partnership » prêt à se lancer dans la bataille référendaire. « On était déjà présents dans le débat, mais comme il pourrait y avoir un référendum, ça change un peu le portrait », explique Lynn St-Laurent, porte-parole de la société d’État.

L’enregistrement en bonne et due forme de ce qui porte le nom de « ballot question committee » était nécessaire pour respecter les lois de l’État, a-t-elle ajouté. L’objectif du comité est de donner de l’information et de rectifier les faits au besoin. « Il y a beaucoup de faussetés qui circulent, notamment sur notre énergie », soutient la porte-parole.

Central Maine Power (CMP), son partenaire dans le projet de construction d’une ligne de transport qui rejoindrait le Massachusetts, a formé son propre comité et a commencé à acheter de la publicité pour contrer les arguments des opposants et la tenue d’un référendum.

CMP, le distributeur d’électricité du Maine, ne jouit pas d’une cote d’amour très élevée auprès de ses clients. Il arrive bon dernier parmi toutes les entreprises similaires aux États-Unis quant à la satisfaction de la clientèle, selon un sondage récent de la firme J.D. Power.

Un référendum aura lieu si les opposants au projet d’interconnexion réunissent 63 000 signatures de résidants de l’État du Maine d’ici au mois de février. La consultation aurait lieu en même temps que l’élection présidentielle de l’automne 2020.

La campagne est commencée

Même si la tenue d’un référendum n’est pas encore assurée, la campagne est déjà amorcée entre les promoteurs du projet et les opposants qui travaillent à amasser des signatures pour obtenir un référendum. Cette menace de référendum est un obstacle de plus dans le long processus d’approbation que doit traverser le projet d’interconnexion. Une consultation populaire pourrait contrecarrer le projet ou retarder sa réalisation prévue pour 2022.

« Je ne pensais jamais faire une campagne référendaire comme PDG d’Hydro-Québec », a reconnu Éric Martel, grand patron d’Hydro-Québec, lors de la publication du plan stratégique 2020-2024 de l’entreprise. Le contrat à long terme conclu avec le Massachusetts est un élément central de ce plan qui vise à doubler le bénéfice net d’Hydro-Québec à l’horizon 2030.

La création du comité référendaire d’Hydro-Québec a fait des remous dans l’État du Maine, où les médias se sont interrogés sur la légitimité de l’intervention du gouvernement d’un pays étranger dans un exercice démocratique local.

Selon Hydro-Québec, toutefois, toutes les lois en vigueur sont respectées.

L’interconnexion nécessaire pour livre l’électricité québécoise à l’État du Massachusetts est un investissement de 1,2 milliard. La nouvelle ligne traverserait le Maine sur 233 kilomètres et rejoindrait le réseau d’Hydro-Québec au sud-est de Lac-Mégantic.