Après l’inauguration récente de son « hub créatif » Zú, Guy Laliberté propose au gouvernement Legault un autre outil pour garder la propriété intellectuelle au Québec : un comité qui regrouperait différents acteurs de l’industrie du divertissement.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

Le cofondateur du Cirque du Soleil s’est inscrit le 6 novembre dernier au Registre des lobbyistes à ce sujet. Il y figure en fait comme coprésident de Lune Rouge, sa nouvelle entreprise, aux côtés de l’autre dirigeant, son partenaire de longue date Robert Blain.

C’est « davantage » ce dernier, précise-t-on chez Lune Rouge, qui pilote le dossier. Selon le résumé déposé au registre, on demande à Québec de mettre sur pied un comité mixte, qui inclurait partenaires publics et privés « qui pourraient se pencher sur les incitatifs et les meilleures pratiques à mettre en place pour favoriser le maintien des sièges sociaux, des emplois et des propriétés intellectuelles au Québec ».

Dans les faits, peut-on lire, aucune demande de financement ou d’actions concrètes n’a encore été faite. Tout a commencé avec un appel de M. Blain à la fin d’août avec un responsable du gouvernement, indique Anne Dongois, porte-parole de Lune Rouge.

C’était davantage une conversation qu’une demande formelle. Il n’y a rien de conclu.

Anne Dongois

Ce comité s’insérerait en quelque sorte dans la mission du hub créatif Zú, qui veut accueillir à terme une centaine d’entreprises du secteur du divertissement. Son mandat consiste à permettre aux jeunes pousses québécoises de grandir suffisamment pour exploiter elles-mêmes leur propriété intellectuelle, plutôt que d’être achetées par des entreprises étrangères.

Toujours selon l’inscription au registre, « il s’agissait plutôt d’une discussion visant à ouvrir les canaux de communications » afin de trouver de meilleures façons de renforcer le secteur des industries créatives.

30 millions pour Reflector

L’autre récent projet de Guy Laliberté, Reflector, est par ailleurs inscrit au registre pour l’obtention d’un financement de 30 millions auprès de Québec. On mentionne comme source possible Investissement Québec, le ministère de l’Économie et de l’Innovation « ou autre organisme gouvernemental », sous forme de prêt, de subvention ou de débenture convertible.

Ces 30 millions, dont l’octroi n’a pas été confirmé, serviraient à la première phase du projet de Reflector, Unknown 9, un nouvel univers qu’on veut décliner sur plusieurs plateformes.