Quelles solutions les politiciens fédéraux en campagne électorale proposent-ils pour hausser le nombre de femmes dans les postes de direction et les conseils d’administration des entreprises ? Survol des cinq principaux partis fédéraux.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

Parti libéral du Canada

Déclaration obligatoire

S’ils veulent « continuer à regarder » les mesures de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la question, les libéraux ne proposent pas de nouvelles mesures pour hausser le nombre de femmes dans les postes névralgiques des entreprises. Durant son mandat, le gouvernement  Trudeau indique avoir fait deux gestes pour améliorer la représentativité des femmes dans le milieu des affaires. Depuis 2018, une loi fédérale force les entreprises inscrites en Bourse à déclarer la représentation de la diversité au sein de leur conseil d’administration et de leur haute direction. Les libéraux ont aussi nommé un conseil des ministres paritaire. « [La nouvelle loi] est un pas dans la bonne direction, ça devient un constat généralisé que la diversité est nécessaire si on veut obtenir l’excellence. Les gens [dans l’entreprise privée] se sont inspirés du cabinet paritaire », dit le candidat libéral François-Philippe Champagne.

Parti conservateur du Canada

Du soutien pour les femmes en affaires

Comme les libéraux, les conservateurs ne proposent pas de nouvelles mesures spécifiquement pour hausser le nombre de femmes au sein des C.A. et des hautes directions. Le Parti conservateur veut continuer d’offrir « du soutien aux femmes en affaires », notamment par des « missions commerciales dédiées aux femmes en affaires et du mentorat », ainsi que du financement spécifique et du capital de risque pour les femmes en affaires par l’entremise d’Exportation Développement Canada et de la Banque de développement du Canada. « Un gouvernement conservateur […] continuera ce genre d’initiatives. Si plus de femmes réussissent en affaires, et c’est le but de nos programmes, il y en aura plus dans les postes de haute direction, et plus de sociétés seront détenues par des femmes », indique par courriel le Parti conservateur du Canada.

Nouveau Parti démocratique

Un C.A. paritaire pour les sociétés d’État

Le NPD aimerait faire adopter un projet de loi qui forcerait les sociétés d’État fédérales à avoir un conseil d’administration paritaire d’ici six ans. Le parti a présenté un projet de loi similaire en 2016. « Au Canada, les femmes gagnent en moyenne 32 % de moins que leurs homologues masculins. L’écart est encore plus grand pour les femmes racisées, les femmes autochtones, les immigrantes et les femmes vivant avec un handicap. L’appareil politique doit mettre en place des mécanismes pour mettre fin à cette injustice », a indiqué par courriel Catheryn Roy-Goyette, candidate du NPD.

Bloc québécois

Un seuil minimal chez les entreprises sous réglementation fédérale

Le Bloc québécois suggère d’imposer un seuil minimal (une zone paritaire) pour les conseils d’administration des entreprises sous réglementation fédérale (ex : les banques, les compagnies aériennes, les entreprises de télécommunications, etc). « Ça comprend notamment les banques, dit Gabriel Ste-Marie, candidat du Bloc québécois. Trop souvent, les hautes directions sont des “boys clubs”. Lorsqu’il y a une meilleure représentativité, ça fait des conseils d’administration plus dynamiques. »

Parti vert du Canada

Inciter le privé à atteindre la parité

Les verts veulent offrir des incitatifs fiscaux pour que les entreprises atteignent la parité hommes-femmes au sein de leur C.A. et de leur haute direction. « Dans une entreprise privée, la notion de profit est très forte. S’ils ont des incitatifs qui les aident financièrement, ça peut favoriser [à atteindre la parité] », dit Julie Tremblay, candidate du Parti vert du Canada. Le Parti vert estime aussi qu’il faut « soutenir les femmes dans leur émancipation en subventionnant des réseaux de mentorat féminin, des cercles de formation en milieu de travail et des mesures d’accommodement travail-famille », dit Mme Tremblay.