Les Québécois qui rêvent de faire une technique en pilotage d’aéronefs auront une nouvelle option. Le collège Air Richelieu, situé à côté de l’aéroport de Saint-Hubert, à Longueuil, a obtenu sa licence d’enseignement privé du ministère de l’Éducation du Québec. Il offrira ce programme de niveau collégial dès janvier 2020.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

Le plus récent rapport de CAE, chef de file mondial en formation de l’aviation civile, estime à 300 000 le nombre de pilotes requis d’ici 2028, dont 110 000 en Amérique. Les futurs pilotes seront donc assurés de trouver un emploi en raison de l’augmentation du nombre de passagers et du remplacement des pilotes qui partent à la retraite.

C’est dans ce contexte de pénurie que le collège privé Air Richelieu offrira son diplôme d’études collégiales (DEC) en techniques de pilotage d’aéronefs. Jusqu’ici, le cégep de Chicoutimi était le seul établissement qui offrait ce DEC. La formation au cégep est très prisée, car elle est gratuite. Or, seulement une quarantaine d’élèves sur 400 candidats sont sélectionnés par année.

Le DEC du collège Air Richelieu coûtera 105 000 $ pour les trois ans de formation. Si le collège accueille 150 nouveaux élèves chaque année, son directeur prévoit que la première cohorte inscrite au DEC sera de 25 élèves.

« C’est un bon investissement, car le salaire monte vite », soutient Thierry Dugrippe, directeur du collège, en entrevue téléphonique.

Le taux de placement est excellent, et les pilotes commencent avec un salaire de 40 000 $.

Thierry Dugrippe

Qui dit DEC dit aussi cours obligatoires. Le directeur s’affaire actuellement à trouver des professeurs de français, d’anglais, de philosophie et de sport. « On va enseigner les cours obligatoires dans nos locaux, précise M. Dugrippe. Les cours commenceront en janvier. »

Répercussions à prévoir ?

Le cégep de Chicoutimi a été très surpris d’apprendre par La Presse que le collège privé Air Richelieu avait obtenu un permis du ministère de l’Éducation du Québec qui lui permettra d’offrir aussi la technique. Son directeur des affaires corporatives et des communications, Éric Émond, a demandé une rencontre avec le ministre Jean-François Roberge.

« Avant de commenter cette information en profondeur, nous demanderons des éclaircissements au ministère de l’Éducation », soutient Éric Émond.

Si le Centre québécois de formation aéronautique perd l’exclusivité de son programme d’études, il y aura assurément des conséquences majeures et préoccupantes pour l’avenir de notre institution.

Éric Émond

L’école Select Aviation, située près de l’aéroport de Drummondville, fait actuellement des démarches auprès du ministère de l’Éducation pour obtenir un permis. Elle offre déjà une attestation d’études collégiales (AEC), mais souhaite aussi donner la possibilité aux élèves de faire le DEC en techniques de pilotage d’aéronefs.

« On donne des cours à des gens qui viennent de l’international, explique Marc Simard, responsable des communications pour Select Aviation. L’AEC permet aux étudiants étrangers d’avoir un permis d’études, mais le DEC va leur donner plus de points pour la demande de résidence permanente. C’est pour ça que ça nous intéresse d’avoir le permis. »

Le prix d’une formation de pilote

Le DEC en techniques de pilotage d’aéronefs donné au cégep de Chicoutimi coûte le même prix qu’une formation collégiale normale. Ceux qui ne sont pas admis lors de la sélection et qui ne veulent pas faire la formation donnée gratuitement par l’armée doivent se rabattre sur les écoles de pilotage privées. Il faut s’attendre à débourser 85 000 $ pour la formation complète. En ajoutant les cours obligatoires pour l’obtention d’un DEC, le collège Air Richelieu exigera 105 000 $.