La chasse aux aubaines est un sport qui continue de gagner en popularité auprès des consommateurs. De fait, le nombre de magasins spécialisés dans les vêtements griffés à prix réduit (un concept appelé off-price en anglais) ne cesse de croître au pays, et leurs revenus suivent la même courbe.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Les Winners, Marshalls et autres Saks Off Fifth accaparent désormais 10,5 % du marché du vêtement au pays avec des ventes de 3,2 milliards de dollars. Cela se compare à 7,3 % (2,39 milliards) en 2014, rapporte la firme d’experts Trendex dans son plus récent bulletin Canadian Apparel Insights.

Comment expliquer cette hausse continuelle de l’engouement des consommateurs pour ces magasins qui procèdent essentiellement à des liquidations de lots et de surplus de stock ?

La première raison est l’augmentation de l’offre, répond Trendex. Pendant un certain temps, Winners avait pratiquement le monopole. Mais aujourd’hui, Marshalls, Saks Off Fifth et Nordstrom Rack (pas présent au Québec) jouent dans ses platebandes.

Le nombre de magasins off-price au Canada est passé de 274 en 2014 à 383 en 2018, selon Trendex.

Et la tendance haussière pourrait se poursuivre quand on regarde la situation du côté américain, où on compte pas moins de 5104 magasins de type Winners, soit 1 par tranche de 65 830 personnes (contre 1 par tranche de 93 648 personnes chez nous).

« Le ratio de magasin par habitant au Canada sera éventuellement similaire à celui aux États-Unis », croit la publication spécialisée, précisant que de « 40 à 50 » autres points de vente pourraient ouvrir leurs portes au Canada, « dont une majorité hors de l’Ontario ».

Fermeture de Sears et huard en baisse

La disparition de Sears, qui vendait beaucoup de vêtements en solde, favorise aussi le créneau des vêtements à prix réduit, avance-t-on.

La faiblesse relative du dollar canadien par rapport au billet vert américain serait un autre facteur, puisqu’elle réduit l’intérêt des Canadiens pour le magasinage aux États-Unis. La « familiarité croissante » des Canadiens avec le concept somme toute assez récent et le programme de loyauté de TJX (l’entreprise américaine exploitant Winners et Marshalls) font également partie des facteurs cités.

Le froid et la neige ont nui

Cela dit, même si les Canadiens aiment beaucoup les enseignes de TJX, l’entreprise n’est pas à l’abri des soubresauts de la météo. Ses mois de février, mars et avril 2019 ont été marqués par une baisse des ventes (de 0,7 %) et des profits (de 22 %), alors que l’année précédente, ils avaient bondi de 16 % et 23 % respectivement.

La météo exceptionnellement exécrable a forcé le détaillant à faire plus de soldes, a expliqué le président. Comme quoi l’attrait de la chasse au trésor a ses limites.