Non, ce n’est pas une nouvelle comédie musicale qui a pris l’affiche de Broadway hier à New York, mais bien plutôt les meubles de bureau fabriqués dans les six usines québécoises du groupe Artopex qui prennent d’assaut le plus important parc d’édifices de bureaux d’Amérique.

Jean-Philippe Décarie Jean-Philippe Décarie
La Presse

Artopex fabrique des meubles de bureau depuis une quarantaine d’années dans cinq usines – deux à Granby, deux à Sherbrooke et une à Laval – et a ajouté une sixième unité d’opération en complétant l’acquisition, en février dernier, de l’ébénisterie artisanale Concept Can-Bec à Saint-Paul-d’Abbotsford.

L’entreprise, qui appartient à l’entrepreneur Daniel Pelletier, qui en est aussi le directeur, emploie 850 personnes et réalise 50 % de son chiffre d’affaires de plus de 120 millions au Canada et l’autre 50 % aux États-Unis.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Artopex, qui appartient à l’entrepreneur Daniel Pelletier, qui en est aussi le directeur, emploie 850 personnes et réalise 50 % de son chiffre d’affaires de plus de 120 millions au Canada et l’autre 50 % aux États-Unis. 

« On a plus de 250 points de vente aux États-Unis. On est bien établis à Atlanta et à Houston, mais on n’était pas présents à New York. » — Daniel Pelletier, président d’Artopex

« On a finalement trouvé un agent manufacturier, Gibson Interior Products, qui nous représente dans ce marché et qui nous a permis d’aménager une salle d’exposition de 8000 pieds carrés au premier étage d’un édifice sur Broadway, entre la 5et 6e Avenue », m’explique Daniel Pelletier.

Artopex va donc pouvoir réaliser une percée significative dans l’un des plus gros marchés de mobilier de bureau au monde. L’entreprise qui a son siège social à Granby possède déjà des salles d’exposition à Québec, Montréal, Toronto et Calgary. Leur utilité n’est plus à démontrer.

« Les designers d’intérieur, les architectes et les responsables des achats des grandes entreprises veulent avoir accès au matériel, ils veulent y toucher, comparer, visualiser. Là, on va être au cœur de l’action du plus grand marché immobilier de bureaux en Amérique du Nord », insiste avec enthousiasme Daniel Pelletier.

Le nombre de pieds carrés d’espace de bureaux dans Manhattan et tout autour de New York est phénoménal et Artopex va pouvoir déployer les éléments principaux de la cinquantaine de gammes de ses produits aux acheteurs éventuels, principalement ceux qui cherchent à remplacer tout leur matériel existant.

Quelque 300 architectes et designers new-yorkais vont participer ce soir à l’ouverture de cette nouvelle salle d’exposition et Daniel Pelletier sera là pour les accueillir.

PHOTO FOURNIE PAR ARTOPEX

Artopex lance une vaste offensive à New York avec un nouvelle salle d’exposition.

Les bureaux de l’ère collaborative

On le sait, l’environnement des lieux de travail au bureau évolue sans cesse et depuis une dizaine d’années on a accédé à l’ère collaborative, qui a imposé les aires collaboratives.

On ne veut plus de cloisons dans les bureaux, on veut vivre dans des espaces ouverts où l’on peut retrouver ici et là des lieux d’intimité lorsque des conversations privées sont nécessaires.

On veut briser la monotonie du travail de neuf à cinq assis sur une chaise de bureau en incorporant des tables ajustables électriques qui permettent de travailler debout une partie de la journée.

Cette révolution qui a débuté en Europe est arrivée au Canada plus tardivement et commence à prendre forme aux États-Unis, où les modèles corporatifs sont plus conservateurs.

Daniel Pelletier constate que le mouvement est déjà bien engagé dans certains États de l’Ouest américain, comme la Californie, ou du Sud, en Floride notamment.

« Mais sur la côte Est, comme à New York, ç’a été plus long, mais on y arrive enfin et l’ouverture de notre salle d’exposition profite d’un timing parfait », constate-t-il, satisfait.

L’abolition des murs dans les espaces à bureaux permet aussi des économies d’espace considérables, de l’ordre de 25 à 30 %, ce qui, dans le contexte d’extrême cherté du pied carré dans les espaces à bureaux locatifs new-yorkais, est loin d’être négligeable.

La percée new-yorkaise d’Artopex s’inscrit dans la stratégie de croissance de l’entreprise aux États-Unis et elle a été rendue possible grâce aux investissements de 30 millions qu’a réalisés l’entreprise l’an dernier dans l’automatisation de ses opérations.

« On a installé plus de 20 nouveaux robots et notre programme d’investissement sera complété le mois prochain. On va être nettement plus productifs et concurrentiels », souligne Daniel Pelletier.

L’entrepreneur observe également que le virage 4.0 qu’Artopex vient de réaliser a réduit la pression sur ses besoins de main-d’œuvre à combler.

« C’est plus facile d’embaucher des opérateurs pour faire fonctionner nos équipements. Le travail est plus intéressant et moins routinier que d’être simplement assembleur sur une chaîne de montage », relève Daniel Pelletier.

Artopex s’est engagée en 2015 à doubler son volume d’affaires en l’espace de six ans, ce qui l’oblige à maintenir un taux de croissance annualisé de 12 %, ce qu’elle réussit à faire depuis qu’elle a pris cet engagement.

L’ouverture ce soir de la nouvelle salle d’exposition de New York contribuera sûrement à la poursuite de cette belle croissance pour des années à venir.