(Washington) Les États-Unis ont annoncé mardi qu’ils imposaient des droits anti-dumping sur les tomates mexicaines, une mesure susceptible de renforcer les tensions entre les deux pays qui n’ont toujours pas ratifié le traité de libre-échange trilatéral nord-américain.

Agence France-Presse

Cette mesure résulte de l’abrogation d’un accord passé entre les deux pays en 2013, qui suspendait une enquête sur du dumping présumé sur les tomates mexicaines, a expliqué le département du Commerce américain dans un communiqué.

Cette investigation avait été lancée en 1996, a-t-il ajouté. Mais un compromis avait alors été trouvé.

« Le département du Commerce demeure engagé à s’assurer que les industriels américains sont protégés contre des pratiques commerciales injustes », a déclaré le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, cité dans le communiqué.

« Nous restons optimistes sur le fait qu’il y aura une solution négociée », a-t-il toutefois tempéré.

En attendant de trouver un éventuel nouvel accord, les États-Unis vont collecter des droits anti-dumping de 17,5 %.

« De nombreux producteurs de petite taille ou de taille moyenne ne pourront pas supporter ces coûts importants », a déploré le ministère de l’économie mexicain dans un communiqué, soulignant sa « déception et inquiétude ».

De son côté, la fédération mexicaine des producteurs de tomates a assuré qu’il n’y avait pas de dumping.

Le président américain Donald Trump avait indiqué en mars que les deux parties avaient échoué à s’accorder sur ce dossier, laissant entendre que des droits anti-dumping allaient être imposés.

Chaque année, le Mexique exporte pour environ deux milliards de dollars de tomates vers les États-Unis. Le consommateur pourrait subir de son côté une hausse des prix, a indiqué à l’AFP le vice-président de la Fédération Manuel Antonio.

Ce regain de tension intervient alors que Washington, Mexico et Ottawa n’ont toujours pas ratifié leur accord de libre-échange (AEUMC).

Aux États-Unis, la ratification se heurte à l’opposition de certains républicains qui exigent la levée de droits de douane sur l’acier et l’aluminium comme préalable à tout feu vert.

Le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, avait appelé le 30 avril les États-Unis à ratifier le texte après l’approbation par le Mexique d’une réforme du travail exigée par ses partenaires.  

Cet accord doit remplacer l’ALENA en vigueur depuis 1994 qui a conduit de nombreuses sociétés américaines à délocaliser leur production vers le Mexique où la main-d’œuvre est moins chère.