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La Commission européenne passe à l'offensive contre Google

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Ce partenariat stratégique porte sur le développement d'une plateforme de robots chirurgicaux entre une filiale de Johnson & Johnson et Google.

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Aurélie MAYEMBO, Jean-Luc BARDET
Agence France-Presse
Bruxelles

La Commission européenne est passée mercredi à l'offensive contre Google, accusant le géant américain d'abus de position dominante dans la recherche sur internet, ce qui pourrait lui valoir une gigantesque amende de 6 milliards de dollars.

Elle a aussi ouvert une enquête distincte pour déterminer si Google n'enfreignait pas les règles européennes de concurrence avec son système d'exploitation pour téléphone portable Android.

«Je crains que l'entreprise n'ait injustement avantagé son propre service de comparaison de prix, en violation des règles de l'UE en matière d'ententes et d'abus de position dominante», a déclaré la commissaire européenne chargée de la Concurrence, Margrete Vestager.

«Nous sommes fermement en désaccord» avec cette procédure, et «attendons de défendre notre dossier dans les prochaines semaines», a aussitôt réagi le groupe de Mountain View sur son blogue.

«L'objectif de la Commission est d'appliquer les règles européennes (...) de manière à ce que les entreprises opérant en Europe ne privent pas artificiellement les consommateurs européens d'un choix aussi large que possible ou n'entravent pas l'innovation», a assuré Mme Vestager, refusant d'y voir un bras de fer entre l'Europe et les États-Unis, où elle s'envolait dans la foulée pour une visite de deux jours.

«Mes enfants et moi-même ne nous disons jamais que telle entreprise est européenne ou américaine. Nous utilisons Google car il offre de très bons produits», a-t-elle même lancé devant la presse.

Mais concrètement, la Commission estime que Google, qui représente 90% des recherches sur internet dans la plupart des pays européens, favorise «systématiquement son propre produit de comparaison de prix dans ses pages». En conséquence, les utilisateurs «ne voient pas nécessairement les résultats les plus pertinents en réponse à leurs requêtes».

Google a désormais dix semaines pour répondre. «Si l'enquête devait confirmer nos craintes, Google devrait en assumer les conséquences juridiques et modifier la façon dont elle conduit ses activités en Europe», a estimé Mme Vestager.

Une solution à l'amiable est toujours possible mais, dans le pire des cas, Google peut écoper d'une amende de quelque 6 milliards, équivalent à 10% de son chiffre d'affaires.

«Tout est ouvert»

«Tout est ouvert. Il ne faut fermer aucune porte», a insisté la commissaire européenne. «Une communication des griefs est une invitation pour avoir une audition et j'invite Google à utiliser toutes les opportunités».

Google avait été blanchi il y a deux ans par les autorités américaines de la concurrence, qui s'étaient contentées d'engagements de bonne conduite. La commission fédérale du Commerce (FTC) avait clos son enquête antitrust en affirmant ne pas avoir trouvé de preuve d'abus de sa position dominante dans la recherche en ligne.

Le gendarme européen de la Concurrence a ouvert une enquête fin 2010. Pendant des années, sous la houlette de l'ancien commissaire chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, elle a cherché les voies de la conciliation en demandant à Google de proposer des «remèdes». Mais les propositions de solutions avancées par Google avaient été retoquées par la Commission à trois reprises.

La Commission avait initialement relevé quatre points de préoccupation et n'en a retenu qu'un mercredi. «Nous allons continuer à enquêter» sur les trois autres, a promis Mme Vestager.

L'organisation Fair Search, qui représente plusieurs concurrents comme Microsoft, Oracle, Expedia ou Tripadvisor, a «applaudi» la décision de la Commission, qui «crée un précédent» pour mieux s'attaquer aux pratiques de Google. L'autre organisation de plaignants, Icomp, a salué «une décision courageuse» face à un groupe qui «se croit au-dessus des lois».

Fin novembre, le Parlement européen avait adopté à une très large majorité une résolution, certes symbolique, mais qui appelait au démantèlement de Google en «séparant les moteurs de recherche des autres services commerciaux».

S'agissant d'Android, la Commission entend «évaluer si, en concluant des accords anticoncurrentiels et/ou en commettant d'éventuels abus de position dominante, Google a illégalement entravé le développement et l'accès au marché des systèmes d'exploitation pour appareils mobiles ainsi que des applications et des services de communication mobile de ses concurrents».




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