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Tests de résistance bancaire: le gouvernement grec respire

Ce succès relatif tombe bien, au moment où... (Photo archives AP)

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Ce succès relatif tombe bien, au moment où le pays voudrait mettre à profit l'arrêt du plan d'aide de l'Union européenne, fin 2014, pour s'affranchir aussi de l'aide du Fonds monétaire international, qui devait durer jusqu'à 2016.

Photo archives AP

Odile DUPERRY
Agence France-Presse
ATHÈNES

Une seule banque grecque recalée, et qui n'a besoin de lever que 18 millions d'euros: la Grèce était soulagée dimanche de la réussite de ses banques aux tests de résistance de la BCE, qui conforte le premier ministre dans sa volonté de se passer de l'aide internationale.

Sur les quatre grandes banques du pays qui ont passé l'épreuve, si trois ont formellement échoué, seule Eurobank s'est vue demander de remédier à une très légère carence en capital, de l'ordre de 18 millions d'euros, pour satisfaire aux exigences de la Banque centrale européenne, qui a dévoilé dimanche le résultat de son examen des bilans de 130 banques de la zone euro.

Un résultat inespéré pour le pays le plus atteint par la crise en Europe, et dont les banques avaient dû être mises sous perfusion. Le premier ministre conservateur Antonis Samaras a d'ailleurs considéré le résultat comme allant «au-delà de toute espérance».

Le ministre des Finances Guikas Hardouvelis a déclaré pour sa part qu'il est «très satisfaisant de constater que le système bancaire grec avait réussi l'exercice très difficile des tests de résistance de la BCE».

Et pour la Banque de Grèce, c'est «la confirmation que les levées de capitaux et les plans de restructuration mis en place par les quatre banques grecques ont renforcé de manière importante leur niveau de capital».

Même tonalité pour la directrice générale du Fonds hellénique de stabilité financière (FHSF), Anastasia Sakellariou : ces banques reçoivent ainsi «la récompense de leurs efforts des deux dernières années».

Utiliser l'argent du FHSF

Ce succès relatif tombe bien, au moment où le pays voudrait mettre à profit l'arrêt du plan d'aide de l'UE, fin 2014, pour s'affranchir aussi de l'aide du FMI, qui devait aller jusqu'à 2016.

Le gouvernement de coalition droite-socialistes, devancé dans les sondages par le parti de gauche radicale Syriza, est menacé de devoir organiser d'ici mars des élections législatives anticipées dans le cadre du renouvellement du président de la République.

Or il juge qu'il ferait meilleure figure devant les électeurs en s'étant libéré d'ici là de la tutelle de ses créanciers, fût-ce au prix du maintien d'une ligne de crédit de précaution. Et il compte bien discuter avec ses partenaires de la possibilité d'utiliser dans ce cadre les sommes restées dans les caisses du FHSF.

Alors que ce mois-ci, l'agence de notation Fitch observait que les banques grecques, plombées par les créances douteuses, auraient sans doute besoin de capitaux supplémentaires, elles s'en sortent en réalité très bien.

Certes, sur le papier, il manquait 8,7 milliards d'euros de capital à trois banques grecques au 31 décembre 2013, date à laquelle les tests ont été effectués : Eurobank (4,63 milliards d'euros), Banque nationale de Grèce (3,43 milliards) et Banque du Pirée (0,66 milliard).

Mais les augmentations de capital auxquelles elles ont procédé depuis cette date ont abaissé ces besoins à respectivement 1,76 milliard, 0,93 milliard et zéro.

Alpha Bank pour sa part a réussi les tests.

Finalement, compte tenu notamment des cessions d'actif prévues, la BCE conclut qu'«Eurobank n'a pratiquement pas besoin de capital supplémentaire, et la Banque nationale de Grèce n'en a plus besoin» du tout.

En outre, remarque la banque de Grèce, «les résultats de l'exercice n'incluent pas l'impact positif de la récente loi qui autorise les banques grecques à convertir une partie de leurs actifs d'impôts différés en crédits d'impôts différés».

Dans un communiqué dimanche, Eurobank mentionne qu'elle manque en effet de 18 millions d'euros, selon les calculs de la BCE, l'objectif de capital nécessaire pour atteindre les 5,5 % de ratio CET1 exigés par la banque centrale dans son scénario pessimiste.

Mais Eurobank ajoute qu'elle dispose en fait d'ores et déjà d'une marge de capital de 1,4 milliard d'euros, portant ce ratio à 9,5 %. La loi sur les crédits d'impôts différés aurait d'une part un effet positif de 1,1 milliard d'euros sur le capital, et les résultats meilleurs que prévu des 9 premiers mois de l'année, par rapport aux hypothèses de la BCE, un impact de 315 millions d'euros. Eurobank publiera ses résultats du troisième trimestre le 7 novembre.




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