Le chef du gouvernement italien Mario Monti a estimé lundi que Standard & Poor's, qui a dégradé la note de neuf pays européens dont l'Italie, avait souligné l'«insuffisance de la gouvernance» au sein de la zone euro.

Publié le 16 janv. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans les attendus de sa décision annoncée vendredi soir, Standard & Poor's considère «l'insuffisance de la gouvernance au sein de la zone euro comme un facteur de risque», a déclaré M. Monti à la presse après une rencontre avec le président de l'Union Européenne, Herman Van Rompuy.

L'agence de notation a souligné en revanche «avec beaucoup de force, je dois dire, le côté positif de l'action en cours de la part du gouvernement italien», s'est félicité M. Monti.

Arrivé au pouvoir mi-novembre, M. Monti a fait adopter fin décembre un nouveau plan de rigueur draconien et planche actuellement sur un vaste programme de libéralisations et une réforme du marché du travail.

M. Van Rompuy a salué le «travail extraordinaire» accompli par l'Italie, qui va dans la «bonne direction».

Standard & Poor's, qui menaçait depuis décembre d'abaisser les notes de 15 des 17 États de la zone euro, en a dégradé neuf dont la France qui a été privée de son «AAA». La note de l'Italie a été abaissée de deux crans à BBB+.

Lors de sa rencontre avec M. Van Rompuy, M. Monti a indiqué avoir «manifesté avec clarté quelles sont les exigences de l'Italie en ce qui concerne le traité (renforçant la discipline budgétaire, NDLR), la gouvernance de la zone euro et les 'pare-feux'».

L'ex-commissaire européen, qui estime que l'Italie a fait ce qu'elle pouvait, plaide pour un renforcement du Fonds de secours de la zone euro dont il juge les ressources insuffisantes.

«Les acteurs de marché et les agences de notation considèrent parfois notre réponse comme incomplète ou insuffisante», mais de «réels progrès ont été effectués pour remodeler la zone euro», s'est défendu M. Van Rompuy.

Il a notamment assuré que les dirigeants européens allaient trouver un accord sur le nouveau traité européen «à la fin du mois» en vue de le signer «début mars».

M. Van Rompuy a par ailleurs rappelé que le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) entrerait en vigueur en juillet 2012 soit «plus tôt que prévu».

La «stabilité financière» est un élément «clé» pour la zone euro et l'Union européenne, mais ce «but essentiel ne sera pas atteint en une nuit» et des efforts «soutenus seront demandés dans l'avenir» pour «surmonter cette crise», a-t-il reconnu.

Mais, outre la rigueur, M. Van Rompuy a aussi souligné que les Européens devaient se «refocaliser sur la croissance et la création d'emplois». «Nous devons mettre en place de façon urgente une stratégie anti-récession» et tout faire pour «éviter un tarissement du crédit», a-t-il dit.