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Marc Bellemare, l'avocat-businessman

«J'ai une vision idéaliste de l'avocat, dit-il, qui... (Photo Érick Labbé, archives Focus1)

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«J'ai une vision idéaliste de l'avocat, dit-il, qui doit chercher à établir la justice», dit Marc Bellemare.

Photo Érick Labbé, archives Focus1

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(Montréal) Depuis ses révélations fracassantes sur la nomination des juges, l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare n'en finit plus de faire parler de lui. Mais l'homme est aussi avocat. Et a un cabinet à gérer...

Marc Bellemare n'est pas très féru de technologie. Il n'a pas de cellulaire, ni même d'adresse courriel personnelle. Mais ces jours-ci, commission Bastarache oblige, l'ex-ministre de la Justice l'avoue d'emblée, il a dû se dégourdir un peu technologiquement parlant, histoire de pouvoir suivre ce qui se dit durant les audiences lorsqu'il ne témoigne pas, tout en continuant à travailler. Ainsi, le midi, il prend généralement une pause d'une demi-heure pour regarder le résumé des audiences à la télé; si quelque chose l'accroche, il envoie par l'ordinateur du bureau un message texte à Me Raynald Beaudry, son avocat. La semaine dernière, par exemple, il lui en a envoyé trois d'un coup!

Ce qui a permis à son avocat de mieux contre-interroger un témoin. Marc Bellemare, lui, a pu retourner tranquille au boulot.

«J'ai un cabinet et des clients à m'occuper», dit l'avocat de 54 ans, alors qu'il reçoit La Presse dans son bureau de Québec.

Ce cabinet, c'est Bellemare Avocats, qu'il a fondé en 1979 et qui est devenu au fil des ans l'un des bureaux d'avocats les plus prisés par les citoyens victimes d'accidents d'auto, de travail et d'actes criminels et qui doivent se débattre contre les régimes privés, mais surtout publics, pour obtenir une juste compensation.

«Dans le fond, nous sommes une sorte d'ombudsman privé», dit Marc Bellemare. Il explique que son rôle est d'aider les gens à revenir à une vie normale après avoir vécu un accident difficile. «J'ai une vision idéaliste de l'avocat, dit-il, qui doit chercher à établir la justice.»

N'empêche que le business a l'air de bien rouler pour l'avocat le plus connu du Québec. En un peu plus de 30 ans, son cabinet a représenté et conseillé plus de 10 000 victimes. Les trois avocats, Me Bellemare, sa femme Me Lu Chan Khuong et son frère Me Jean Bellemare ont plaidé et plaident toujours partout au Québec et devant toutes les juridictions. Ils agissent dans les différends opposant les victimes à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), la Régie des rentes du Québec (RRQ) et l'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAQ). Plus de 500 dossiers sont actuellement ouverts - de la révision d'instances jusqu'en Cour d'appel.

Pas étonnant que Marc Bellemare soit un homme débordé. Le matin de notre entretien, il avait déjà vu trois clients et s'apprêtait en après-midi à aller plaider un dossier devant un tribunal administratif... avant d'aller chercher ses enfants à l'école, puis de rencontrer en soirée ses avocats qui le représentent devant la commission et en Cour supérieure (pour la poursuite qui l'oppose à Jean Charest). Mais l'homme est catégorique: malgré le temps et l'énergie que lui demande la commission Bastarache, il n'a reporté aucun rendez-vous ni aucune cause.

Combien ça coûte?

Il faut être terriblement malchanceux au Québec pour ne pas être admissible à une prestation quelconque lorsqu'on a subi un accident d'auto, de travail ou un acte criminel. Malgré cela, il arrive que certains soient refusés ou, plus fréquemment, qu'ils soient acceptés mais que la prestation accordée ne leur convienne pas. C'est là que le cabinet de Marc Bellemare intervient.

Un cas-type commence presque toujours de la même manière: par un client qui appelle parce qu'il se croit victime d'une injustice. Le cabinet lui offre deux types de service, du coaching ou la prise en charge du dossier. Le coaching s'effectue par des séances de consultation. Pour 100$, il a droit à une rencontre d'environ 40 minutes avec Me Bellemare ou un de ses associés. La première fois, le client apporte ses documents et en discute avec l'avocat. Rapidement, on met le doigt sur le problème et on décide s'il vaut la peine d'aller plus loin.

Plusieurs rencontres sont parfois nécessaires pour régler un problème sans nécessairement se rendre jusqu'à un procès. D'autres fois, il arrive que la solution se trouve en dehors du cadre juridique. Récemment, Me Bellemare a eu à conseiller un homme ayant des problèmes de dos qui s'estimait victime de son médecin. Or, il était traité par un spécialiste des pieds! «Ce n'était pas un problème juridique, je l'ai tout simplement référé à un autre médecin.»

Pour les causes plus importantes, lorsque les consultations ne suffisent pas, Bellemare Avocats fonctionne à forfait. Les prix varient selon la complexité du dossier, du temps estimé et de la «personnalité» du client - c'est-à-dire s'il faudra passer beaucoup de temps avec lui ou non. L'an dernier, par exemple, un homme de 70 ans ayant été victime d'un accident au Texas s'est vu accorder par la SAAQ une prestation de 225$ par semaine pour une perte d'autonomie. Or après consultation, Me Bellemare en a conclu que l'homme avait besoin d'une présence continuelle et qu'en conséquence, il devrait plutôt toucher 725$ par semaine.

«Je lui ai dit qu'il devrait contester la décision», explique Me Bellemare. Si, bien sûr, il est prêt à payer 1500$ pour une expertise neurologique, 2000$ pour une expertise psychiatrique, 5000$ pour les frais d'avocats, et à attendre deux ans avant que la cause soit plaidée devant les tribunaux...

Vous avez des commentaires? Des questions? Des nouvelles sur la communauté juridique? N'hésitez pas à me joindre.

Pour joindre notre collaborateur: renelewandowski@droit-inc.com




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