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Le nouveau visage de Joliette

De toutes les régions du Québec, c'est Lanaudière qui connait la croissance... (ILLUSTRATION DAVID LAMBERT, LA PRESSE)

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ILLUSTRATION DAVID LAMBERT, LA PRESSE

Claude Picher
La Presse

(Montréal) De toutes les régions du Québec, c'est Lanaudière qui connait la croissance démographique la plus forte depuis 10 ans.

Cela est dû en bonne partie au découpage administratif du Québec, qui attribue la banlieue nord-est de Montréal à la région. Ainsi, depuis 10 ans, la population a augmenté de 6% à Repentigny, 20% à Terrebonne et 22% à Mascouche.

Dans ces trois grandes villes du sud de Lanaudière, la croissance démographique, essentiellement alimentée par l'exode des jeunes ménages montréalais, est trois fois plus rapide que dans le reste du Québec.

Pourtant, ce n'est ni Terrebonne (98 000 habitants) ni Repentigny (79 000) qui revendique le titre de «capitale régionale de Lanaudière», mais Joliette, dont la population dépasse à peine 19 000 citoyens (il faut dire qu'avec les municipalités voisines de Saint-Charles-Borromée, Notre-Dame-de-Lourdes et Saint-Pierre, l'agglomération dépasse les 42 000 habitants).

Comparativement au sud de Lanaudière, Joliette occupe une position quelque peu excentrique par rapport à Montréal. Il faut compter plus de 75 kilomètres entre Joliette et le centre-ville. Dans ces conditions, on pourrait penser que la ville est passée à côté du boom démographique régional.

C'est loin d'être le cas. Toujours au cours des 10 dernières années, la population de l'agglomération de Joliette a augmenté de 12%, chiffre peut-être pas aussi impressionnant qu'à Mascouche, mais qui soutient très avantageusement la comparaison avec la moyenne québécoise.

Pourtant, pendant des années, la réputation de Joliette n'était pas particulièrement transcendante.

La ville a été fondée en 1823, ce qui n'est pas très vieux pour la région. La fondation de Repentigny remonte à 1670 et on peut retracer les origines de Terrebonne à 1683.

Son fondateur, Barthélemy Joliette, personnage haut en couleur, notaire, entrepreneur, lieutenant-colonel de la milice, député à l'Assemblée législative du Bas-Canada, y construit son manoir, un pont, un moulin à scie, quelques autres industries et baptise l'endroit « village de l'Industrie».

Le nom dit tout. En 1850, lors du décès de Barthélemy Joliette à l'âge relativement jeune de 60 ans, la ville possède son église, son collège, et est même reliée par chemin de fer à Lanoraie.

L'Industrie prend officiellement le nom de Joliette en 1864, et conserve encore aujourd'hui la devise « Industria Ditat», que l'on pourrait traduire par «L'industrie enrichi».

L'économie de la ville s'est en effet largement fondée sur le développement industriel. Avec les années, quelques grands noms, dont le fabricant de pneus Firestone, s'y sont établis, ainsi que de nombreuses entreprises de taille moyenne.

Qui dit ville industrielle dit trois choses:

De belles maisons bourgeoises pour les cadres et dirigeants d'entreprises. Joliette possède en effet un patrimoine enviable de maisons d'époque bien conservées.

Un club de golf, pour les cadres anglophones de l'époque. Le club de golf de Joliette, fondé il y a près de 60 ans, est aujourd'hui considéré comme un des plus beaux au Québec.

Beaucoup d'emplois, mais pas toujours bien payés.

Historiquement, le taux de chômage à Joliette a bien soutenu la comparaison avec la moyenne québécoise.

Le profil socioéconomique des Joliettains est moins reluisant. Selon les chiffres du dernier recensement (2006), le revenu médian des ménages à Joliette se situe à 32 900$, substantiellement en dessous de la moyenne provinciale de 46 400$.

La proportion de ménages propriétaires de leur logement est de 34% seulement, contre 53% dans l'ensemble du Québec. Le taux d'obtention de diplômes universitaires est de 11% chez les Joliettains, contre 16% dans l'ensemble du Québec.

Mais les choses sont en train de changer rapidement, comme en témoigne la rapide croissance démographique.

Joliette n'est plus seulement une ville d'industrie (bien que le secteur industriel demeure important), mais de plus en plus, pour reprendre l'expression du maire René Laurin, une ville de culture.

C'est vrai. Dans ce Portfolio, ma collègue Caroline Rodgers évoque comme il se doit le succès du Festival de Lanaudière, mais attire aussi l'attention sur un fait moins connu: Joliette abrite le plus grand musée d'art du Québec en dehors de Montréal et Québec.

On y trouve aussi des boutiques intéressantes et de bons restaurants.

Dans ces conditions, faut-il se surprendre que le magazine MoneySense ait désigné récemment Joliette parmi les 10 villes canadiennes présentant la meilleure qualité de vie. La revue se base sur des indicateurs comme le coût du logement, la croissance démographique, le taux de criminalité et le nombre d'habitants par médecin.

Gageons déjà que lors du recensement de 2011, le profil de Joliette gagnera quelques points.

 




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