Delizia Donohue a appris sa profession «sur le tas». Elle a commencé à travailler en finances à Wall Street à l'âge de 16 ans, sans diplôme ni expérience.

Mis à jour le 28 févr. 2009
Maxime Bergeron
Maxime Bergeron LA PRESSE

Aujourd'hui, à 48 ans, la résidante du New Jersey a une longue feuille de route derrière elle. Elle a étudié le soir pour obtenir ses licences de courtière, et travaillé depuis comme consultante dans plusieurs firmes installées à New York, dont TD Waterhouse, Fidelity Investments et RBC.

 

Or, elle risque bientôt de perdre ses licences. Son dernier emploi permanent remonte à un an et demi et les permis de pratique expirent après deux ans d'inactivité. «Ça m'a pris deux ans pour les obtenir, en étudiant le soir. Je ne peux pas vous dire ce que ça signifierait pour moi de les perdre...»

La quadragénaire craint aussi de devoir quitter sa «jolie maison» de Middleton, évaluée à environ 300 000$. «Si je ne retrouve pas d'emploi bientôt, je vais devoir la vendre et aller vivre avec des membres de ma famille, dit-elle d'une voix brisée. Heureusement que je n'ai pas d'enfants, je ne pourrais pas les envoyer à l'université.»

Sa situation est d'autant plus difficile qu'elle doit payer toutes les dépenses de son mari invalide, affligé de problèmes lombaires et cardiaques. Les frais médicaux sont exorbitants.

«Au moins, le bail d'une de mes voitures arrive à échéance dans deux semaines, ça fera une facture de moins à payer», se réjouit-elle faiblement.

Delizia Donohue se dit «très fâchée» contre Wall Street, où elle travaillait souvent 12 heures par jour. La mentalité de l'industrie l'enrage. «Les courtiers sont cupides, ils vendraient leur mère pour faire un dollar! Ils se poignardent constamment dans le dos.»

Malgré ses critiques virulentes, elle espère retravailler en finances, plus tôt que tard. Ne serait-ce que pour payer les factures qui s'accumulent.