(Cap Canaveral) Un nouveau satellite américain devant permettre de considérablement améliorer les prédictions en matière de tempêtes solaires, des évènements capables de perturber les réseaux électriques et de communications sur Terre, doit décoller mardi de Floride.  

Le satellite, qui pèse près de 3 tonnes et fait la taille d’un petit bus scolaire, permettra aussi d’observer les ouragans ou encore les feux sur Terre, jusque dans les années 2030.

Le décollage d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX transportant le précieux chargement doit avoir lieu depuis Cap Canaveral à partir de 17 h 16. La fenêtre de tir s’étend sur deux heures, mais les conditions météo s’annoncent peu favorables.  

Il s’agira du dixième décollage de la puissante Falcon Heavy.

Nommé GOES-U, l’engin est le dernier d’une série de quatre satellites issus d’une collaboration entre la NASA et l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).  

Ils « sont un outil indispensable pour protéger les États-Unis et le milliard de personnes qui vivent et travaillent sur le continent américain », a souligné lors d’une conférence de presse Pam Sullivan, de la NOAA.

PHOTO MIGUEL J. RODRIGUEZ CARRILLO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le GOES-U

Mais GOES-U est le premier des quatre à comporter un coronographe appelé CCOR-1. Un coronographe bloque le disque du Soleil, permettant d’observer la couronne solaire.  

C’est de cette couche extérieure que partent « de grosses explosions solaires, appelées des éjections de masse coronale, qui peuvent projeter des milliards de tonnes de matière à des millions de km/h en direction de la Terre », a expliqué Elsayed Talaat, en charge des observations de météo spatiale à la NOAA.  

Cette matière peut ensuite perturber les satellites, infrastructures énergétiques, systèmes de navigation pour l’aviation ou GPS.

Début mai, une tempête géomagnétique de niveau 5, le niveau maximum, a touché la Terre pour la première fois depuis deux décennies, provoquant d’impressionnantes aurores boréales un peu partout dans le monde.  

Avec le nouveau coronographe, cet évènement aurait pu être mieux spécifié dès le départ (vitesse, direction…), selon Elsayed Talaat.

C’est la première fois que les États-Unis pourront observer quasiment continuellement la couronne solaire, en créant l’équivalent d’une éclipse toutes les 30 minutes.  

Pour le moment, de telles observations sont reçues avec jusqu’à 8 heures de délai, réalisées par un satellite lancé en 1995, mais qui devrait cesser d’opérer d’ici deux ans.  

Le nouvel instrument va « changer la donne » et « ouvrir un nouveau chapitre dans les observations de la météo spatiale », selon Elsayed Talaat.  

Goes-U sera positionné en orbite géostationnaire, à environ 35 000 km au-dessus de la Terre, et sera opérationnel après quelques mois de tests.