(Boca Chica) Le vaisseau spatial Starship, destiné à des voyages vers la Lune et Mars, a pour la première fois réussi à amerrir jeudi dans l’océan Indien, a déclaré SpaceX au terme d’un vol test d’environ une heure, qui représente une étape cruciale pour l’entreprise après trois précédents essais terminés dans des explosions.

Durant la retransmission en direct du vol, le vaisseau pouvait toutefois être vu en train de perdre des morceaux, peu avant qu’il finisse sa course comme prévu dans la mer.

Durant son dernier vol, il y a moins de trois mois, le vaisseau avait largement dépassé la frontière de l’espace, mais son signal avait été perdu 49 minutes après le décollage, alors qu’il redescendait vers la Terre.  

Elon Musk, le patron de SpaceX, a félicité les équipes de l’entreprise pour « cet exploit épique ».  

Il a reconnu sur X que Starship avait notamment perdu « de nombreuses tuiles » du bouclier thermique du vaisseau et qu’un aileron avait été « endommagé ». Mais « malgré » cela, « Starship a réussi à atterrir en douceur dans l’océan ! », s’est-il réjoui.

Le décollage de ce quatrième vol test a eu lieu à 7 h 50 de la base spatiale Starbase de SpaceX, à Boca Chica, dans l’extrême sud du Texas (8 h 50 heure de l’Est).

L’un des objectifs principaux du vol était de réussir un retour dans l’atmosphère terrestre mieux contrôlée du vaisseau.

Starship doit notamment être utilisé à terme pour transporter sur la Lune des astronautes de la NASA, pour la première fois depuis 1972. L’agence spatiale américaine suit ainsi de près son développement.

« Félicitations à SpaceX pour ce vol test de Starship réussi », a immédiatement réagi jeudi Bill Nelson, le patron de la NASA. « Nous avons fait un pas de plus vers le retour de l’humanité sur la Lune. »

« Un dur à cuir ! »

La fusée est composée de deux étages : l’étage de propulsion Super Heavy et, au-dessus, le vaisseau Starship, qui donne par extension son nom à la fusée entière. Celle-ci, la plus grande et plus puissante du monde, mesure au total 120 mètres de haut.

Quelques minutes après le décollage, Super Heavy s’est détaché du vaisseau et a entamé son retour vers la Terre. Pour la première fois, il a ensuite réussi un amerrissage dans le golfe du Mexique, a annoncé SpaceX.  

Le vaisseau a lui continué sa route jusqu’à atteindre l’espace. Au bout d’environ une heure, il est à son tour rentré dans l’atmosphère terrestre, à environ 25 000 km/h. Cette vitesse provoque des frictions pouvant faire monter la température jusqu’à environ 1400 °C, selon SpaceX.

Des images retransmises en direct par des caméras fixées au vaisseau ont montré une couche de plasma formée autour de celui-ci.  

« On peut voir des bouts du véhicule s’envoler », a déclaré l’un des commentateurs de SpaceX lors du direct vidéo, peu avant l’amerrissage.  

« C’est un dur à cuir ! », a écrit à propos du vaisseau la numéro 2 de SpaceX, Gwynne Shotwell. « Rendez-vous bientôt pour le prochain vol ! »

SpaceX ne prévoit pas de récupérer ni de réutiliser les exemplaires du vaisseau et de Super Heavy utilisés durant ce test.

Futur alunisseur

Le développement de Starship est mené tambour battant par SpaceX en lançant rapidement des prototypes sans cargaison, afin de corriger dès que possible les problèmes rencontrés en vol.

Le premier vol d’essai avait été réalisé en avril 2023.

Durant son dernier vol, il y a moins de trois mois, le vaisseau avait déjà largement dépassé la frontière de l’espace, mais son signal avait été perdu 49 minutes après le décollage, au moment de sa redescente vers la Terre, indiquant qu’il s’était désintégré.

La cause a été identifiée comme étant la perte de contrôle de son orientation en vol en raison de valves bouchées, a expliqué SpaceX. Plusieurs « améliorations » du véhicule ont été ajoutées depuis.  

Outre sa taille démesurée, la grande innovation de cette fusée est qu’elle doit à terme être entièrement réutilisable.

La NASA compte notamment sur Starship pour sa mission Artémis 3, prévue en 2026 : une version modifiée du véhicule doit alors servir d’alunisseur pour ses astronautes.  

Elon Musk souhaite en faire l’instrument principal pour réaliser son but ultime : l’établissement d’une colonie autonome sur Mars, afin de faire de l’humanité une espèce multiplanétaire.

En attendant, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa devait embarquer à bord pour un voyage autour de la Lune (sans s’y poser) une mission annoncée en grande pompe en 2018 et baptisée « DearMoon ».

Mais la semaine dernière, M. Maezawa a déclaré que ce projet était annulé : « Il n’y a aucune perspective claire pour savoir quand nous pourrons décoller », a-t-il écrit.