Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Publié le 8 mai
Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

Plus difficile d’assurer sa maison en Australie

D’ici 2030, une maison sur 25 pourrait ne plus être assurable en raison des changements climatiques en Australie. Cette proportion passera à 1 résidence sur 10 dans certaines régions du pays, comme Brisbane et Port Adélaïde. Ce sont les conclusions d’une récente analyse menée par le Climate Council australien, qui dit s’attendre à une « crise de l’assurabilité » qui pourrait toucher jusqu’à 500 000 propriétés d’ici huit ans. Les risques les plus importants sont ceux posés par les inondations, plus fréquentes et plus abondantes.

Quiz

La pollution par le plastique aggrave-t-elle les conséquences des changements climatiques dans l’Arctique ?

Photo EKATERINA ANISIMOVA, archives Agence France-Presse

Réponse

Il semblerait que oui, selon une étude publiée récemment dans la revue Nature. Alors que les traces de plastique sont de plus en plus fréquentes dans l’Arctique, celles-ci contribuent à absorber encore plus de chaleur, ce qui exacerbe les effets du réchauffement dans la région. Rappelons que les changements climatiques sont deux à trois fois plus rapides dans l’Arctique que dans le reste du monde. La fonte des glaces risque de relâcher d’ailleurs encore plus de plastique dans l’Arctique. Celui-ci a la capacité notamment de « noircir » la couverture blanche de neige et de glace, et de réduire d’autant sa capacité à refléter les rayons du soleil. Cela entraîne une sorte de cercle vicieux où le plastique accélère encore plus le réchauffement dans cette partie du monde.

L’essence avec plomb fait baisser le QI

PHOTO PIERRE CÔTÉ, ARCHIVES LA PRESSE

La vente d’essence avec plomb est interdite au Canada depuis 1990.

Jusqu’en 1996, l’essence aux États-Unis contenait du plomb. Une pratique maintenant interdite en raison des dangers bien connus de l’exposition au plomb. Une recherche menée par une équipe de chercheurs de l’Université Duke, en Caroline du Nord, a permis d’établir que plus de 170 millions d’Américains ont un quotient intellectuel (QI) légèrement inférieur en raison d’une exposition pendant leur enfance aux émanations des voitures alimentées avec de l’essence avec plomb. Selon cette étude, qui a été publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, les résultats suggèrent une diminution moyenne de 2,6 points de QI. Pour les personnes nées au milieu des années 1960, la baisse du QI serait de 5,9 points. Lorsqu’il atteint le cerveau, le plomb peut carrément détruire des cellules. Au Canada, la vente d’essence avec plomb est proscrite depuis 1990.

Le chiffre

20 %

PHOTO ANDREW KELLY, REUTERS

Les protéines microbiennes qui imitent la viande nécessitent 90 % moins de surfaces cultivables et d’eau, et produisent 80 % moins de gaz à effet de serre que la viande.

Réduire la consommation mondiale de viande de bœuf et d’agneau de 20 % permettrait de faire diminuer de moitié la déforestation et, du même coup, d’abaisser de 56 % les émissions de carbone d’ici 2050. Ce sont les conclusions d’une étude qui vient de paraître dans Nature. La recherche, menée par des scientifiques de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets des changements climatiques, propose de remplacer 20 % de notre consommation de viande par des protéines microbiennes qui imitent la viande. Celles-ci sont obtenues grâce à un processus de fermentation. Elles nécessitent 90 % moins de surfaces cultivables et d’eau, et produisent 80 % moins de gaz à effet de serre que la viande.

La pollution de l’air encore plus mortelle dans les villes tropicales

PHOTO MOHAMMAD PONIR HOSSAIN, ARCHIVES REUTERS

Dacca, capitale du Bangladesh, est l’une des villes où l’air est le plus pollué au monde.

En 2018, environ 470 000 personnes vivant dans des villes tropicales sont mortes prématurément en raison de la pollution de l’air, selon une étude parue dans la revue Science Advances. Une équipe de chercheurs de l’University College de Londres a analysé les données de 46 villes situées le long de l’équateur, dont plusieurs connaissent une forte croissance. Entre 2005 et 2018, ils ont constaté une hausse de 62 % des décès prématurés dus à la pollution de l’air. À Dacca, capitale du Bangladesh, par exemple, 24 000 personnes de plus sont mortes entre 2005 et 2018 en raison de la mauvaise qualité de l’air. Les auteurs de l’étude s’inquiètent du fait que plusieurs de ces villes compteront plus de 10 millions d’habitants d’ici 2100, ce qui pourrait aggraver encore plus la situation actuelle.