Une éclipse partielle du soleil a pu être observée jeudi matin dès le lever du soleil, et ce, à travers tout le Québec.

Lila Dussault
Lila Dussault La Presse

Près de 200 personnes se sont rassemblées dans une aube rosée au stade olympique de Montréal dans le but d’observer le phénomène astronomique rare. L’évènement, organisé par Espace pour la vie, se déroulait dans le respect des mesures sanitaires grâce à des espaces délimités tracés à la craie sur le sol. En amis, en famille ou en amoureux, les billets gratuits s’étaient envolés en 24 heures, selon les organisateurs de l’évènement.

L’éclipse a débuté à 4 h 43, soit avant le lever du soleil. C’est donc déjà entamé par la Lune que le Soleil a émergé derrière un rideau de nuages à 5 h 07 dans une ambiance feutrée, presque solennelle. « Je pense que ça intéresse vraiment les gens, a indiqué Olivier Hernandez, directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan. On a tous, à mon avis, un imaginaire lié à l’éclipse. On a tous lu Tintin et le temple du soleil », a ajouté en riant l’astrophysicien. Il s’est tout de même étonné qu’autant de personnes se soient levées aux petites heures pour profiter du spectacle.

L’éclipse en photos

  • À Montréal, l’éclipse a débuté à 4 h 43. L’éclipse partielle a atteint son maximum à 5 h 39 et a pris fin à 6 h 38.

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    À Montréal, l’éclipse a débuté à 4 h 43. L’éclipse partielle a atteint son maximum à 5 h 39 et a pris fin à 6 h 38.

  • PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

  • PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

  • Pour les amateurs de photographie, notre photographe a utilisé un objectif Canon 200-400 mm/F4 à 400 mm, un convertisseur 1,4x intégré à la lentille et un convertisseur 1,4x externe.

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Pour les amateurs de photographie, notre photographe a utilisé un objectif Canon 200-400 mm/F4 à 400 mm, un convertisseur 1,4x intégré à la lentille et un convertisseur 1,4x externe.

  • Nicolas Delattre initie son fils de 12 ans, Stéphane, au phénomène des éclipses solaires.

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Nicolas Delattre initie son fils de 12 ans, Stéphane, au phénomène des éclipses solaires.

  • Megan Michaud, Anthony Sansone, Agathe Montcorgé et Raphael Dias-Brandao observent l’éclipse partielle de Soleil à Montréal le 10 juin.

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Megan Michaud, Anthony Sansone, Agathe Montcorgé et Raphael Dias-Brandao observent l’éclipse partielle de Soleil à Montréal le 10 juin.

  • Le directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan, Olivier Hernandez

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Le directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan, Olivier Hernandez

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Regarder avec précaution

Des lunettes étaient fournies pour l’évènement, permettant aux observateurs de regarder le phénomène en toute sécurité. Alors que les minutes passaient, le ciel s’est dégagé et l’éclipse est devenue de plus en plus apparente, comme si un croissant de soleil s’élevait au-dessus des habitations tranquilles du quartier Rosemont. La Lune s’est déplacée devant le Soleil jusqu’à atteindre une couverture maximale de 78,9 % à 5 h 39. L’éclipse a été visible de tous les balcons ou endroits surélevés de la métropole avec vue dégagée est-nord-est.

Les éclipses solaires sont le résultat d’un alignement parfait entre le Soleil, la Lune et la Terre. Chaque année, entre deux et cinq éclipses de Soleil se produisent et peuvent être observées de différents endroits sur la planète. La dernière à avoir été visible du Québec a eu lieu en août 2017. Pour l’occasion, une foule s’était rassemblée au Stade olympique de Montréal et les 10 000 lunettes de protection offertes par le Planétarium Rio Tinto Alcan avaient été distribuées, se rappelle M. Hernandez. C’est aussi l’année où l’ex-président américain Donald Trump a fait fi des recommandations en la regardant directement.

Première éclipse annulaire au Québec depuis 1930

Une partie du nord du Québec a été témoin d’une éclipse annulaire, c’est-à-dire que la lune se trouvait parfaitement devant le soleil du point de vue de cette région, mais qu’elle était trop loin sur son orbite pour le masquer complètement, laissant apparaître un anneau de lumière. Il s’agit de la première éclipse annulaire du soleil observée en ciel québécois depuis 1930.

Le long de la vallée du Saint-Laurent, la visibilité était semblable à Montréal avec une couverture d’environ 79 %. Le phénomène a pu être observé dans un corridor passant de l’Ontario à la Sibérie.

CARTE FOURNIE PAR LE PLANÉTARIUM RIO TINTO ALCAN

La carte montre les endroits où l’éclipse a pu être observée au Québec.

Une éclipse totale de Soleil, phénomène beaucoup plus rare, aura lieu à Montréal le 8 avril 2024. M. Hernandez prévoit déjà qu’environ 60 000 personnes se rassembleront dans la métropole pour l’occasion.

Accompagné de son père Nicolas, le jeune Stéphane Delattre, 12 ans, était initié à sa première éclipse solaire. « C’est comme s’il y avait une voile de bateau dans le ciel, s’émerveille-t-il, mais en fait, c’était le soleil. »

« C’est toute une ambiance du point de vue de la lumière, a ajouté Nicolas Delattre. Il fallait se lever tôt, donc c’est une expérience et ça permet d’être proche de la nature », a indiqué celui qui garde un souvenir mémorable de l’éclipse solaire totale de 1999 en France.

« J’aime beaucoup l’astronomie, a affirmé pour sa part Jean-François Rey, présent avec une amie. C’est assez rare une éclipse annulaire, même si elle est partielle à Montréal, et les conditions météorologiques permettaient de l’observer donc c’était quelque chose d’intéressant de venir », a ajouté le traducteur de jeux vidéo et amateur de plein air et de nature.