Le lever du jour sera bien spécial jeudi matin. Le Soleil se lèvera en forme de croissant, éclipsé en partie par la Lune. Une éclipse partielle sera visible partout dans la province, tandis qu’une éclipse annulaire, un phénomène rare, aura lieu dans le nord du Québec et en Ontario.

Émilie Bilodeau
Émilie Bilodeau La Presse

Une éclipse solaire, c’est quoi ?

Une éclipse solaire, c’est un alignement parfait entre le Soleil, la Lune et la Terre. De notre planète, le Soleil se retrouve donc caché (ou éclipsé) derrière la Lune. Très tôt jeudi, la Lune masquera presque la totalité du Soleil (89 %) et seul un anneau de feu sera visible dans le ciel du nord du Québec. Ailleurs dans la province, 79 % du Soleil sera éclipsé. « Ce sera spectaculaire même à Montréal, s’exclame Olivier Hernandez, astrophysicien et directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan. On aura l’impression qu’un croissant de Soleil est en train de se lever dans le ciel ! »

À Montréal

Début de l’éclipse : 4 h 43

Lever du Soleil : 5 h 10

Maximum de l’éclipse : 5 h 39

Fin de l’éclipse : 6 h 39

Consultez l’horaire de l’éclipse dans d’autres villes

Un phénomène rare

Le Soleil, la Lune et la Terre s’alignent parfaitement environ deux fois par année. L’ombre de la Lune est alors projetée quelque part sur la planète, parfois dans l’océan, parfois dans le désert, sans personne pour admirer le spectacle. « On estime que les éclipses totales arrivent tous les 350 ou 400 ans, au même endroit », souligne Marie-Eve Naud, astronome à l’Institut de recherche sur les exoplanètes de l’Université de Montréal. Coup de chance, le Québec a observé sa dernière éclipse totale en 1932 et la prochaine surviendra le 8 avril 2024, à 14 h 14, pour être précis ! Au Québec, la dernière éclipse annulaire a été observée en 1930, et la dernière éclipse partielle, en août 2017.

400 fois

Le Soleil est une étoile 400 fois plus grosse que la Lune. La Lune est aussi un satellite naturel 400 fois plus près de la Terre que le Soleil. Dans le ciel, les deux astres ont donc l’air de la même grosseur.

Attention à vos yeux !

Même si le Soleil semble moins éblouissant pendant une éclipse, il ne faut surtout pas le regarder à l’œil nu. « Il y a quand même énormément de lumière qui arrive dans nos yeux, dont certains rayons qui ne sont pas visibles, et ça peut être très dommageable pour la rétine », souligne Mme Naud. Regarder une éclipse peut causer des effets graves comme rendre aveugle. L’une des solutions est de fabriquer un écran pour projeter l’éclipse dans une boîte à chaussures. Il existe aussi des lunettes spéciales pour observer le Soleil. « Les lentilles bloquent 99,9 % de la lumière, mais le Soleil est tellement brillant qu’on peut quand même le regarder », souligne Mme Naud. Le Planétarium et les bibliothèques de Montréal distribuent ces lunettes de protection gratuitement.

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Une occasion en or pour les scientifiques

Lorsqu’une éclipse a lieu, qu’elle soit partielle ou totale, les scientifiques ont les yeux rivés vers l’Univers, à la découverte d’exoplanètes. « Pour observer les exoplanètes, on cache la lumière d’une étoile et on essaie de repérer les planètes tout autour. En fait, en éliminant la lumière, on améliore les contrastes. Lorsqu’il y a une éclipse, c’est donc le bon moment pour tester nos instruments. Les éclipses ont un côté pratique », indique M. Hernandez. À ce jour, les astronomes ont repéré près de 5000 exoplanètes dans plus de 3000 systèmes planétaires. « On observe les exoplanètes pour essayer de comprendre la formation des systèmes planétaires, dont le nôtre, le Système solaire. Nous avons des hypothèses, mais celles-ci peuvent se vérifier avec de nouvelles informations concernant les exoplanètes », explique M. Hernandez. « Et si on découvre de la vie sur une exoplanète, ça chamboulera tous nos paradigmes scientifiques et philosophiques. […] C’est une quête passionnante. »