Seulement 5,8 % des enfants montréalais suivis par une étude universitaire ont été infectés par la COVID-19, montrent des données dévoilées mardi. Ce taux est plus élevé chez les minorités visibles, chez qui est aussi plus élevée l’hésitation à faire vacciner les enfants.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

Troisième vague

Les chiffres sont clairs : la troisième vague, avec ses variants, a fortement augmenté les infections chez les enfants suivis. « Le taux chez les enfants testés était presque trois fois plus grand cet hiver que cet automne », explique Kate Zinszer, une épidémiologiste de l’Université de Montréal qui a rendu publics ses résultats par voie de communiqué. « C’est un taux quand même plus élevé que les études sérologiques pour d’autres groupes d’âge au Canada, qui n’ont malheureusement pas été faites récemment. » Chacun des 1600 enfants de l’étude a été testé une seule fois. Il s’agissait d’un test sérologique, qui mesurait les infections passées et non celles qui sont actives, visées par les tests diagnostiques.

Adolescents

L’une des grandes surprises de l’étude est qu’il n’y avait pas de différences dans la séropositivité par groupe d’âge. « On s’attendait à ce qu’il y ait plus d’infections chez les adolescents », dit Mme Zinszer. Comme les élèves de la fin du secondaire ont souvent fait l’école une journée sur deux, cela signifie-t-il tout de même qu’il y a plus de transmission à cet âge ? « Oui, c’est possible, mais il faut vérifier. »

Représentativité

Le taux de séropositivité était plus important chez les enfants moins aisés et chez les minorités visibles, selon Mme Zinszer. Mais l’échantillon comportait une sous-représentativité dans ces deux groupes. « Nous allons essayer d’avoir plus d’enfants de Hochelaga et de Montréal-Nord », dit l’épidémiologiste.

Hésitation vaccinale

Seulement 14 % des parents hésitent à faire vacciner leurs enfants. « C’est encourageant, d’autant plus parce que les raisons sont souvent le manque d’information sur la sécurité des vaccins pour les enfants, dit Mme Zinszer. Alors on devrait pouvoir les convaincre. » Par contre, l’hésitation vaccinale est près de trois fois plus importante, atteignant 33 %, chez les parents de minorités visibles. « Encore là, ce sont souvent des craintes sur les effets secondaires et le manque d’information, alors on devrait pouvoir les convaincre », estime la chercheuse.

Hospitalisations

Les enfants hospitalisés alors qu’ils ont la COVID-19 le sont rarement à cause de cette maladie, selon deux études californiennes publiées mardi dans la revue Pediatrics. Seulement un enfant sur sept qui a reçu un diagnostic de COVID-19 alors qu’il était hospitalisé avait des symptômes modérés à graves, et la raison de l’hospitalisation était autre dans 45 % des cas. Selon Mme Zinszer, cette étude renforce l’idée que la COVID-19 n’est pas une menace grave pour la santé des enfants.

Infections et symptômes en chiffres

3,3 % des enfants montréalais de l’étude testés à l'automne 2020 avaient déjà été infectés

8,9 % des enfants montréalais de l’étude au début du printemps 2021 avaient déjà été infectés

50 % des enfants infectés n’avaient pas eu de test diagnostique

32 % des enfants infectés avaient eu un test diagnostique négatif

SOURCE : Université de Montréal