La constellation GHGSat s’agrandit : l’entreprise montréalaise a lancé son troisième satellite, Hugo, depuis la Floride dimanche avant-midi. Équipé d’un capteur de pointe, il a rejoint Claire et Iris, ses deux prédécesseurs, pour détecter et quantifier la présence de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Léa Carrier Léa Carrier
La Presse

Le lancement, qui devait avoir lieu en Russie l’an dernier, s’est déroulé sous le soleil de Cap Canaveral. Hugo – qui a la taille d’un four à micro-ondes – a décollé à 10 h à bord de la fusée Falcon 9 de l’entreprise américaine SpaceX.

Il est le résultat d’une première collaboration entre GHGSat et le chef de file technologique mondial ABB Mesures & Analyses Canada, dont l’usine est située à Québec.

« Le voyage pour lancer Hugo a été passionnant. Nous avons pris tout ce que nous avons appris de Claire [en orbite depuis 2016] et l’avons appliqué à Iris [lancé le 2 septembre 2020] et maintenant à Hugo », raconte Stéphane Germain, président de GHGSat.

PHOTO FOURNIE PAR GHGSAT

Le satellite Hugo, troisième de la lignée GHGSat, n’est pas plus gros qu’un four à micro-ondes.

Le dernier de la lignée serait 10 fois plus performant que Claire. Comme elle, il utilise la lumière absorbée par les gaz, dont le méthane, pour détecter les concentrations dans l’atmosphère et, grâce à l’intelligence artificielle, les localiser sur une superficie aussi petite que 25 m par 25 m.

Ces données sont ensuite vendues à des compagnies pétrolières, des producteurs d’électricité et autres opérateurs soumis à des plafonds d’émissions de gaz à effet de serre. Dans d’autres cas, elles sont utilisées pour détecter les fuites de méthane.

Il y a un peu plus d’un an, par exemple, GHGSat a détecté une des plus grandes sources d’émission au monde au Turkménistan. « Dans ce pays, il est très difficile de contacter les opérateurs. Nous avons dû passer par l’entremise de diplomates canadiens, américains et européens pour que le gouvernement reconnaisse la fuite et ordonne sa réparation. Ça a pris deux mois, mais au moins, elle est réparée », raconte M. Germain.

Cette seule source émettait cinq mégatonnes de dioxyde de carbone par an, l’équivalent d’un million de voitures sur la route pendant un an.

Trois autres satellites sont en cours de construction. Hugo est le deuxième d’une série de dix satellites commerciaux qu’enverra GHGSat dans l’espace d’ici 2022.

Par ailleurs, GHGSat a profité du lancement pour annoncer sa collaboration avec Environnement Canada, qui devient l’un de ses clients, dans la lutte aux changements climatiques.