Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Publié le 24 janv. 2021
Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

Déforestation massive

De 2014 à 2017, 43 millions d’hectares de forêt ont été rasés dans 24 endroits critiques sur la planète, pour une superficie équivalant à la taille d’un pays comme l’Irak. Ces estimations ont été publiés récemment dans un rapport du Fonds mondial pour la nature. Les 24 lieux en question se trouvent en Amérique latine (9), en Afrique (8) et en Asie-Pacifique (7). Ils représentent 52 % de la déforestation tropicale à l’échelle mondiale. Près de la moitié des forêts qui restent dans ces secteurs ont subi des dégradations les rendant plus vulnérables. Les conséquences sont nombreuses. Cette déforestation amplifie le réchauffement climatique, fragilise les écosystèmes et favorise du même coup les contacts entre les humains et certaines espèces sauvages, ce qui peut contribuer à l’apparition de nouvelles maladies comme le coronavirus.
– Avec l’Agence France-Presse

Quiz science : la COVID-19 a-t-elle réduit l’espérance de vie moyenne ?

PHOTO CARLOS BARRIA, REUTERS

Des milliers de drapeaux ont été plantés près du Capitole, à Washington, à la mémoire des 400 000 Américains morts jusqu’ici de la COVID-19.

Oui. Des chercheurs estiment que l’espérance de vie des Américains aura connu un recul marqué en 2020 en raison de la COVID-19. Dans leur étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, les projections prévoient un recul de l’espérance de vie moyenne de 1,13 année, à 77,5 ans. Plus de 400 000 décès sont survenus en raison du coronavirus au sud de la frontière. La pandémie a particulièrement frappé les communautés noires et latinos. L’étude prévoit une baisse de l’espérance de vie de 2,1 ans pour les Noirs et de 3,05 ans pour les Latinos. Ce recul de l’espérance de vie sur un an est le plus important des 40 dernières années aux États-Unis.

Des girafes naines

PHOTO REUTERS FOURNIE PAR LA GIRAFFE CONSERVATION FOUNDATION

Nigel (à droite), girafe naine née en 2014, observée ici en 2018

Oui, vous avez bien lu. Des girafes naines. Preuve que le nanisme existe aussi ailleurs dans le monde animal. Cette découverte a fait l’objet d’un article dans la revue BMC Research Notes en décembre dernier. En 2015 et 2018, deux girafes naines ont été observées en Ouganda et en Angola. Les deux bêtes, nommées Gimli et Nigel, sont atteintes de dysplasie squelettique, une anomalie de la croissance des os. Les experts estiment que l’espérance de vie de ces girafes pourrait être plus courte en raison de leur taille, ce qui limite l’accès à la nourriture et les rend plus vulnérables aux prédateurs.

Océans plus chauds, requins plus petits

PHOTO TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

Requin-chabot ocellé ou Hemiscyllium ocellatum

La hausse des températures des océans affecte la taille et la santé du requin-chabot ocellé à la naissance. Ce sont les conclusions d’une étude menée conjointement par l’Université du Massachusetts et l’Université James Cook, en Australie. Les requins étudiés, Hemiscyllium ocellatum, mesurent en moyenne entre 70 et 90 cm. Des eaux plus chaudes accélèrent le développement des fœtus, qui épuisent plus rapidement la « nourriture » disponible dans le sac vitellin. Les auteurs de l’étude publiée dans Scientific Reports signalent que ces résultats ne constituent probablement pas une bonne nouvelle pour tous les requins, un important prédateur qui permet de réguler les écosystèmes marins.

Des bijoux de famille célèbres

PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER DU JOURNAL PAPERS OF PALONTOLOGY

Ce spécimen d’Aphelicophontes danjuddi a vécu il y a 50 millions d’années.

Les parties intimes d’un insecte qui a vécu il y a 50 millions d’années ont suscité la curiosité des scientifiques après la découverte, dans le Colorado, d’un fossile parmi les mieux préservés jamais observés – dans une condition si « extraordinaire », a décrit l’un des auteurs de la découverte publiée dans les Papers of Palontology, que l’on peut distinguer le pénis du spécimen… pourtant plus petit qu’un cachet d’aspirine ! Son étude permettra d’en apprendre davantage sur cette espèce – Aphelicophontes danjuddi, un tueur de coccinelles – mal connue des scientifiques et d’émettre quelques hypothèses, notamment sur la taille des femelles, probablement plus grosses que les mâles.
— Avec le New York Times