Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Éric-Pierre Champagne Éric-Pierre Champagne
La Presse

56 000 km2

S’il fallait déterminer les aires protégées au Canada en tenant compte également des bénéfices pour la majorité de la population, ce sont 56 000 km2 qu’il faudrait d’abord privilégier, a conclu une équipe de chercheurs de plusieurs universités canadiennes. Ces zones se trouvent pour la plupart dans le sud du pays, là où l’on retrouve la très grande majorité de la population. Pour arriver à ce constat, les chercheurs ont ajouté un critère de taille : quels sont les endroits à protéger qui pourraient également profiter au plus grand nombre de personnes à des fins récréatives ? Leurs travaux ont été publiés dans Environmental Research Letters. Des critiques s’élèvent régulièrement, au Québec notamment, quand de nouvelles aires protégées sont annoncées, trop souvent plus au nord, loin des centres.

Quiz science

Le réchauffement des océans affecte-t-il la taille des poissons ?

PHOTO SUZANNE PLUNKETT, BLOOMBERG

Morues prises dans des filets

Oui, estiment des chercheurs de l’Université d’Aberdeen, au Royaume-Uni. L’équipe a analysé les données de pêches dans la mer du Nord entre 1970 et 2010, s’attardant plus particulièrement à la taille des poissons. Ils ont constaté que les poissons grandissaient plus rapidement, mais que leur taille une fois adultes a diminué. La hausse des températures augmenterait la vitesse de croissance des poissons, mais ceux-ci atteindraient leur pleine maturité plus tôt, d’où une taille réduite. Les espèces étudiées étaient la morue, l’aiglefin, le merlan et le lieu noir. Les chercheurs prévoient que la tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années avec le réchauffement climatique qui s’accélère.

Des ananas qui volent

  • Le professeur Mohamed Thariq, de l’Université Putra Malaysiua, tenant un drone fait de feuilles d’ananas.

    PHOTO LIM HUEY TENG, REUTERS

    Le professeur Mohamed Thariq, de l’Université Putra Malaysiua, tenant un drone fait de feuilles d’ananas.

  • Les fibres issues des feuilles d’ananas seraient plus résistantes que les fibres synthétiques habituellement utilisées.

    PHOTO LIM HUEY TENG, REUTERS

    Les fibres issues des feuilles d’ananas seraient plus résistantes que les fibres synthétiques habituellement utilisées.

  • Le drone a pu voler jusqu’à une hauteur de 1000 mètres.

    PHOTO LIM HUEY TENG, REUTERS

    Le drone a pu voler jusqu’à une hauteur de 1000 mètres.

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Des chercheurs malaisiens ont mis au point un modèle de drone fabriqué à partir… de feuilles d’ananas. Des feuilles d’ananas, qui sont jetées par les producteurs, sont récupérées et broyées pour en faire une fibre qui sert à fabriquer les pièces de l’appareil. Selon le professeur Mohamed Thariq, de l’Université Putra Malaysiua, cette fibre est plus résistante que les fibres synthétiques habituellement utilisées. Le prototype ainsi réalisé a pu voler jusqu’à une hauteur de 1000 mètres pendant une vingtaine de minutes. Pour les producteurs, une telle percée pourrait évidemment leur permettre d’augmenter leurs revenus. Les concepteurs veulent maintenant construire un drone plus gros capable d’être équipé de capteurs d’images.
– D’après Reuters

Microplastique et fœtus

PHOTO ARCHIVES REUTERS

Quantité de plastique qu’une personne pourrait ingérer en une année, selon une autre étude menée par WWF International et publiée l’automne dernier.

Des traces de microplastique ont été retrouvées dans le placenta de femmes enceintes en Italie. Une étude menée par des chercheurs de l’hôpital San Giovanni Calibita Fatebenefratelli, à Rome, a permis de découvrir du microplastique dans le placenta de quatre femmes en pleine santé. Les pièces mesuraient pour la plupart 0,01 mm et pouvaient circuler dans les vaisseaux sanguins. Ces particules pouvaient aussi pénétrer dans le corps des bébés, mais les chercheurs n’ont pas pu le vérifier. « En raison de l’important rôle du placenta dans le développement du fœtus, la présence de microplastique est très préoccupante », a signalé le DAntonio Ragusa, chercheur principal de l’étude. D’autres études seront nécessaires, a-t-il ajouté en entrevue au quotidien britannique The Guardian.

Mieux détecter les menteurs

PHOTO GETTY IMAGES

La technique appelée AIM a donné des résultats probants : grâce à elle, le taux de détection des menteurs est passé de 48 % à 81 % par rapport au polygraphe.

Mieux détecter les menteurs ? Voilà le défi que s’est donné une équipe de chercheurs britanniques. Le polygraphe ou détecteur de mensonges comporte une marge d’erreur significative en raison du fait que l’outil mesure le nouveau d’anxiété chez les sujets répondant aux questions. Or, nous avons tous en tête la nervosité qu’on peut ressentir en répondant aux questions d’un douanier même si nous n’avons rien à cacher. Les chercheurs de l’Université de Portsmouth affirment avoir mis au point une méthode plus efficace pour détecter les menteurs. Grosso modo, le point de départ, c’est que les processus mentaux diffèrent entre ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. La technique utilisée, appelée AIM pour Asymmetric Information Management, permet à la personne interrogée de donner le plus de détails sur les évènements en cause, plutôt que de répondre simplement à des questions. Les tests ont donné des résultats probants : le taux de détection des menteurs est passé de 48 % à 81 % grâce à cette technique. Des volontaires dans la pièce ?