Les responsables de la santé publique du Canada et du monde entier travaillent d’arrache-pied pour tester le plus de gens possible pour le nouveau coronavirus.

Bob Weber
La Presse canadienne

Srinivas Murthy cherche à savoir comment les aider lorsque le résultat est positif.

« Quels médicaments fonctionnent ?, demande-t-il. Nous ne savons pas. »

M. Murthy, professeur de soins intensifs à l’Université de la Colombie-Britannique, est l’uns des centaines de scientifiques canadiens qui passent de longues heures dans leurs laboratoires et devant leurs ordinateurs à essayer d’aider les gouvernements et les cliniciens à faire face à la pandémie de la COVID-19.

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE VIA PC

Le Dr Srinivas Murthy,

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement fédéral a accordé près de 27 millions en subventions à la recherche sur le coronavirus. L’argent finance 47 projets.

Il existe des études sur des tests de diagnostic plus rapides, sur la transmission de la maladie et sur la structure du virus lui-même. D’autres scientifiques se demandent pourquoi certaines personnes ignorent les avertissements de santé publique et comment le public perçoit le risque.

Certains demandent comment assurer la sécurité des travailleurs de la santé. D’autres étudient les effets de la crise sur les enfants, les peuples autochtones ou sur la sécurité alimentaire. On examine aussi ce qui a été appris des crises de santé publique du passé.

« C’est de la recherche fondamentale. C’est de la recherche en santé publique. C’est de la recherche communautaire”, a dit Yoav Keynan du Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses de l’Université du Manitoba. Beaucoup redirigent leurs efforts vers le virus. »

M. Murthy tente de découvrir comment les hôpitaux peuvent traiter les patients atteints du virus COVID-19. Chaque virus est différent, a-t-il dit, et ce qui fonctionne sur l’un ne fonctionnera pas sur l’autre.

« Il s’agit d’un nouveau virus, dit-il. Nous ne savons pas quel médicament fonctionne. »

Cela signifie essayer des médicaments familiers qui ont été efficaces sur d’autres virus. En utilisant ce que l’on sait de ce coronavirus, M. Murthy estime les chances que d’anciens médicaments soient efficaces et commence par ceux aux meilleures probabilités.

« Nous nous appuyons sur ce que nous avons déjà », a-t-il déclaré.

À l’heure actuelle, M. Murthy travaille avec un agent antiviral initialement conçu dans la lutte contre le sida. Les essais cliniques avec des patients COVID-19 qui ont accepté de participer sont la prochaine étape.

« Nous savons que c’est sûr, a dit M. Murthy. Nous ne savons pas si c’est efficace. »

En incluant le personnel de santé publique et médical, la lutte scientifique contre le coronavirus implique désormais des milliers de personnes, a mentionné pour sa part M. Keynan.

« Il y a plusieurs éléments inconnus dans la compréhension de la transmission du virus : combien de temps reste-t-il sur les surfaces ou quelle est la proportion d’individus qui contractent le virus mais restent asymptomatiques, et qui servent de réservoir pour propager le virus ? »

La bonne nouvelle est que la recherche en santé publique a beaucoup progressé depuis que le virus du SRAS a balayé 26 pays en 2003.

« Nous avons une meilleure communication, un meilleur partage des connaissances et une meilleure capacité de laboratoire, a déclaré M. Keynan. Le partage de l’information à l’échelle mondiale et au Canada s’est considérablement amélioré au cours des 17 dernières années. Et nous allons en avoir besoin. »

Les scientifiques canadiens sont à l’avant-garde des efforts mondiaux pour réduire la courbe des infections à la COVID-19, a souligné M. Keynan.

« Les chercheurs canadiens sont des chefs de file mondiaux dans le domaine des maladies infectieuses et de la virologie et nous avons une meilleure capacité qu’en 2003 pour être des contributeurs significatifs. Nous contribuons actuellement. »

Mais aucun laboratoire ou nation ne pourra trouver seul toutes les réponses, a dit M. Keynan.

« Ce n’est pas [seulement] un effort canadien. C’est un effort mondial. »