Des astronomes européens ont observé une exoplanète où la différence de température entre la nuit et le jour est tellement grande que les métaux se vaporisent puis se condensent sous forme de pluie.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« On peut dire que cette planète est pluvieuse les soirs, mais ce sont des pluies de fer », a dit par voie de communiqué David Ehrenreich, de l’Université de Genève, qui est l’auteur principal de l’étude publiée début mars dans la revue Science. « Nous voyons une forte signature de fer à la frontière entre la nuit et le jour sur la planète. Mais étonnamment, nous ne voyons pas de vapeur de fer le matin. Cela signifie qu’il pleut du fer la nuit sur cette exoplanète extrême. »

WASP-76b est située dans la constellation du Poisson, à 640 années-lumière. Elle reçoit des milliers de fois plus de rayons de son étoile que la Terre du Soleil. Mais comme WASP-76b ne montre qu’une seule face à son étoile en tout temps, sa température varie de 2400 degrés Celsius d’un côté à 1600 degrés du côté nocturne.

« Les observations montrent que la vapeur de fer est abondante sur cette planète », ajoute la coauteure María Rosa Zapatero Osorio, du Centre d’astrobiologie de Madrid, qui dirige l’équipe scientifique de l’instrument Espresso du Très grand télescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (ESO), qui a fait les observations. « Une fraction de ce fer est injecté dans le côté nocturne de la planète, à cause de sa rotation et des vents. Le fer y condense et y tombe sous forme de pluie. »

Espresso, dont c’est le baptême du feu puisqu’il a été inauguré en septembre 2018, est l’acronyme de « Spectrographe échelle pour les exoplanètes rocheuses et pour des observations spectroscopiques stables ».